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 Nuit du jeudi 1er novembre au vendredi 2 novembre 2018.
 Strock 254/1200
 Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo.
 
 13 observations : 8486 à 8498.
 
 Je commence par faire quelques photos notamment de la conjonction Jupiter-Mercure dans le Scorpion grâce à mon appareil bridge à 1600 ISO et F/D 2.8.
 Les résultats sont franchement impressionnants.


 Le Scorpion, pinces et Antarès en bas, plonge sur la droite de l'image vers l'horizon, derrière la silhouette du télescope de 406mm.
 A gauche, on voit les 2 étoiles principales alpha et bêta du Centaure.
 nuits_astro_01.jpg
 
 Un poil plus tard et plus haut, le centre galactique est au milieu de l'image, le Scorpion à gauche, le Sagittaire à droite, enrichi par Saturne.
 nuits_astro_02.jpg
 
 Le premier dessin de la nuit est sur la planète Mars dans le Capricorne, qui ici est quasiment au zénith, ce qui nous change de l'opposition du mois de juillet à ras de terre depuis la France métropolitaine.
 
 Observation 8486 : Mars.
 A 480X, j'observe Mars de l'œil gauche sans filtre afin de ne pas perdre ma vision nocturne, puis avec l'œil droit avec le filtre rouge 23A qui améliore encore le contraste.
 Les images stables sont plaisantes, ça me change de l'opposition vue depuis la France.
 Je note beaucoup de détails malgré le diamètre apparent qui diminue (12").
 Sauf erreur j'observe les mers Cimmerium et Sirenum.
 Je vois aussi la tache plus claire de Hellas ainsi que la calotte polaire Sud.
 Marsobs8486.jpg
 
 Toute la nuit en fil rouge je prendrai des photos des constellations en regardant avec l'oeil gauche dans le viseur de l'appareil photo, écran repliable fermé, afin de ne pas éblouir mon œil droit observateur et donc de garder mon adaptation nocturne.
 
 Le Grand Nuage de Magellan flou est à gauche du centre, l'étoile brillante en bas à gauche est Canopus de la Carène.
 La région du pôle céleste sud est vers le centre de l'image.
 nuits_astro_03.jpg
 
 Le Grand Nuage de Magellan est en bas, le Petit plus discret un peu sous le centre de l'image.
 L'étoile brillante à gauche du Petit Nuage de Magellan est Achernar de l'Eridan.
 nuits_astro_04.jpg
 
 Encore une fois, je constate l'invasion des fourmis dans la partie bouffe du sac à dos alors que hier j'ai sorti les barres de chocolat et que j'ai secoué le sac. Une m'a carrément mordu et jeté de l'acide sur la main ce qui me fait mal pendant quelques minutes.
 
 Après avoir constaté que le Celestron 14 est hors de fonctionnement, Pierre et Raymond viennent observer Mars au télescope 406 avec Bruno.
 C'est toute une histoire l'état actuel du C14 : il en est là à cause d'un astro-employé indélicat qui devait assurer la maintenance du matériel.
 Il a fait la bêtise de démonter la lame de fermeture du C14 pour la nettoyer sans vérifier s'il y avait une marque d'apairement.
 De plus il a mal parqué le télescope avant de fermer l'observatoire, le toit métallique a tapé la monture, endommageant des moteurs et la plaque de fixation au pilier. A cause de cet imbécile, cet instrument à l'optique exceptionnelle et au suivi impeccable est maintenant l'ombre de lui-même. Je sens que Raymond et Pierre vont passer quelques après-midis à essayer de le remettre sur pied.
 
 Je commence les observations ciel profond sur le Scorpion qui descend assez vite, avec un nuage obscur.
 
 Observation 8487 : SL28.
 Ce nuage obscur est observé à 75X et se révèle assez sombre avec des limites très floues.
 SL28obs8487.jpg
 
 J'observe ensuite un amas globulaire du Sagittaire.
 
 Observation 8488 : M69.
 Cet amas globulaire est assez brillant et bleuté à 75X et déjà résolu.
 Je l'ai aussi repéré au chercheur 9x50 comme une étoile floue faible à côté d'une autre étoile de même brillance.
 A 218X, il est bien éclaté avec beaucoup d'étoiles faibles à très faibles plus un fond stellaire VI3 à 5. Il devient assez sombre à 218X et il commence à être bas. C'est vrai qu'il est dans une constellation d'été.
 M69obs8488.jpg
 
 Je continue d'explorer la zone de galaxies vers iota du Sagittaire.
 
 Observation 8489 : NGC6878A.
 Cette galaxie n'est pas vue à 150X mais je la repère très faible à VI1 à 109X.
 Je pense que c'est parce qu'elle était très diffuse et peu contrastée que je l'ai râtée à 150X.
NGC6878Aobs8489.jpg
 
 Observation 8490 : PGC64319.
 Cette galaxie est soupçonnée à 109X et confirmée à 150X très faible à VI2 et diffuse.
 PGC64319obs8490.jpg
 
 Observation 8491 : PGC64257.
 Je l'observe à 150X, très faible, condensée et petite.
 PGC64257obs8491.jpg
 
 Observation 8492 : PGC64188.
 Cette galaxie elle aussi n'est pas vue à 150X mais je la repère à 109X, diffuse et VI2.
 PGC64188obs8492.jpg
 
 J'arrive dans les choses sérieuses avec les objets du Petit Nuage de Magellan.
 
 Observation 8493 : NGC456 et 465.
 Je suis dans un coin déjà assez riche du Petit Nuage de Magellan dans le Toucan avec NGC456 qui réagit bien en Oxygène 3 et faiblement en HBêta.
 Juste à côté, je repère aussi NGC465 qui est très faible en HBêta, et il réagit bien en filtrage Oxygène 3.
 Soit ces objets sont très morcelés, soit j'ai noté plusieurs autres objets à proximité.
 J'utilise comme grossissement 75X, 109X et 150X.
 Ce champ est un bel ensemble.
 NGC456_465obs8493.jpg
 
 Observation 8494 : NGC419.
 Cet amas globulaire du Petit Nuage de Magellan est observé à 150X et 75X.
 Bien qu'incolore, il est assez brillant, diffus et granuleux à 343X dans sa zone centrale, waouh!
 NGC419obs8494.jpg
 
 Vers 3h heure locale, Pierre est frigorifié, et découragé de ne pas avoir trouvé le casque de Thor, et du coup il est parti dormir.
 
 Observation 8495 : NGC330.
 Cette fois-ci c'est un bel amas ouvert.
 Il est petit à 75X. Par contre à 218X et 343X, où il est assez faible, il me montre en vision indirecte beaucoup d'étoiles très serrées, ça grouille d'étoiles.
 NGC330obs8495.jpg
 
 Observation 8496 : NGC416.
 Il est considérablement faible à faible. Je l'observe minuscule à 75X et le grossis davantage à 218X où il est diffus.
 NGC416obs8496.jpg
 
 Comme la nuit dernière, des nuages venus du Sud-Ouest débordent. C'est quoi ce temps très inhabituel au Chili?
 
 J'observe une galaxie du Phénix.
 
 Observation 8497 : NGC625.
 Cette galaxie est observée à 109X et 150X.
 A ce second grossissement, elle me montre des nodosités VI3 à 5.
 Elle est considérablement faible, diffuse et allongée.
 NGC625obs8497.jpg
 
 A 4h30, la Lune s'est levée mais reste noyée dans les nuages à l'est.
 J'ai un coup de barre une fois de plus.
 
 Je pointe une galaxie de l'Éridan.
 
 Observation 8498 : IC1953.
 Cette dernière galaxie de la nuit est vue dès 75x très diffuse, faible, et un compagnon très faible facile l'accompagne, c'est PGC13172.
 La brillante étoile tau 5 de l'Eridan gêne par son fort éclat. Je la sors du champ pour mieux observer les deux galaxies et je n'arrive pas à voir la troisième qui jouxte IC1953 sur ma carte.
 IC1953_PGC13172obs8498.jpg
 
 A 5h, je tombe de fatigue.
 Des nuages se répartissent entre le sud-est et le nord-est et ils débordent presque jusqu'au zénith. La Lune est noyée dedans.
 
 Je me repose un peu sur le lit de l'observatoire avant d'avoir la force de remballer à 5h30 alors que l'aube arrive.
 
 La suite des photos touristiques : le voyage aller et l'arrivée à l'observatoire.

 

Dans le car reliant Santiago à Ovalle.
 20181024_voyage_aller_12.jpg

 

En route depuis Ovalle vers l'hacienda des étoiles, on aperçoit l'observatoire américain du Cerro Tololo, que j'avais visité en 2008.
 20181024_voyage_aller_13.jpg
 
 Vallée de Pichasca à 30kms de notre gîte
 20181024_voyage_aller_14.jpg

 

On atteint au Soleil couchant le village du Romeral, le plus proche à quelques kilomètres de notre destination.
 20181024_voyage_aller_15.jpg

 

 

Le Romeral, où on viendra assister à une fête un dimanche.
 20181024_voyage_aller_16.jpg

 

L'hacienda des étoiles
 hacienda_des_etoiles_17.jpg
 hacienda_des_etoiles_21.jpg
 hacienda_des_etoiles_29.jpg
 hacienda_des_etoiles_46.jpg

Modifié par xavierc
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Hé bé, sacré reportage, superbes photos et magnifiques dessins :)

J'espère que les fourmis manbala t'ont laissé un peu à manger et que tu n'a pas trop souffert de ta main ;)

En tous cas, tu ramènes des souvenirs inoubliables et merci de nous en faire profiter ;)

Pour le casseur de C14, j'espère qu'ils l'ont filé à bouffer aux hyènes ;)

Bonne journée,

AG

 

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Salut Xavier,

Merci pour ce témoignage. Bien triste historie que celle du C14, j'espère qu'il pourra être remis sur pied.

Je note ta grande production sur une nuit, ta fatigue est plus que compréhensible. Scruter le sagittaire au zénith doit être un plaisir précieux.

Les inhomogénéités des galaxies que tu nous présentes montrent bien ton acharnement, c'est impressionnant.

Vivement la suite!
Astronomicalement
José

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Merci pour ce CROA si riche. C'est impressionnant la quantité de dessins que tu es capable de faire en une nuit

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Le 09/02/2019 à 11:47, ALAING a dit :

Pour le casseur de C14, j'espère qu'ils l'ont filé à bouffer aux hyènes

Non, il s'est sauvé en douce pour en rajouter encore une couche à sa bêtise.

  • Triste 1

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Le 10/02/2019 à 18:33, serge vieillard a dit :

ha ça c'est sur, en termes de quantitatif, Xavier envoie du lourd, c’est remarquable

 

Révélation - Scoop : Xavier est en fait la réincarnation d'Adolphus Adalbert Le Sueur (ou un autre de ses confrères de l'observatoire) qui dessinait avec le Léviathan austral d'1.22m de Melbourne à la fin du XIXème siècle (Cassegrain à miroir de bronze, mais il n'y avait pas le choix avec une APO Takahashi à l'époque).

 

La preuve ?

 

La voilà.

Et quelques autres...

:ph34r:

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Le Sueur... Sûr qu'il dessine à la sueur de son front :D .

La nuit, seul le frottement du crayon est audible, sans faille jusqu'à l'aube...

 

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    • Par Vesper
      I : Compagnons des bords du monde
       
      Récit d’un voyage au Chili du 23 octobre au 14 novembre 2018, centré sur la nouvelle lune du 7 novembre.

       
      Pour Pierre Vesper, tout a commencé par une nuit très sombre, alors qu’il cherchait une petite galaxie qu’il ne trouva jamais.
      C’est là qu’il les vit, ses compagnons des terres désolées et lumineuses.
      La voie lactée, tresse brillante tourmentée de nébuleuses obscures et de diamants, leur restituait une ombre dans la nuit d’encre.
      “Où vas-tu ?” demandais-je à l’un, mais il poussa un cri strident et s’enfuit épouvanté vers son écran rougeâtre, car il ne m’avait pas reconnu.
       
      Mais n’anticipons pas.
       
      Roissy, 23 octobre 2018 vers 20h30. Après mon TGV depuis Strasbourg et quelques heures d’attente et autres déambulations dans les halls bondés, XavierC arrive tout sourire avec sa fidèle valise et son vénérable flying Strock 254 en sac à dos. Il m’informe derechef qu’il a mangé deux endives et un camembert. Etant parti depuis près de 6 heures je commence à ressentir les tous premiers effets hypnotiques du voyage et reste coi. Chacun ses goûts, me dis-je en m’efforçant de ne pas penser trop fort. Je lui souhaite silencieusement une bonne digestion. Voici un voyage qui commence sous les meilleurs auspices. Lire les présages dans le camembert aux endives n’est pas donné à tout le monde.
       
      Nous abordons les contrôles de sécurité. Une légende urbaine affirme désormais que les miroirs seraient devenus indésirables en cabine au motif que, une fois brisés, leurs éclats pourraient former de dangereuses échardes susceptibles de servir d’armes. Décidément, nous sommes à l’ère de la rumeur. Et d’ailleurs nous passons sans encombre. Les douaniers ne sont même plus étonnés par les astro-pèlerins et leurs flying dobsons. L’ère glorieuse des pionniers, des ouvreurs de voies, est déjà dépassée. Tempus fugit, le temps s’enfuit...
       
      ...Et d’ailleurs nous aussi, dont l’avion décolle non sans avoir embarqué notre troisième co-voyageur, à savoir Bruno, adorateur d’électrons, de pixels, et pratiquant du culte de l’écran rougeâtre.
       
      Quelques instants après nous nous ruons vers la lumière.
      J’ai gagné mon ciel.
       
      Nous planons sur une très longue pente descendante, vers le grand sud-ouest.
      Ni évidemment morts, ni plus tout à fait vivants. Boîte de Schrödinger volante. Brel chantait Aristote : “Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et ceux qui sont en mer.” Aristote ne pouvait envisager ceux qui seraient un jour en l’air.
      J'aime cette sensation de ne plus appartenir au monde.
       
      Près de 15h plus tard. Nous sortons de la boîte de Schrödinger et retrouvons les couleurs lumineuses du Chili, loin des brumes pré-hivernales méphitiques du nord.
       
      Santiago, gare routière Alameda. Le Chili a une spécialité de transports en autocar, de plusieurs niveaux de confort, aux prix dérisoires pour un occidental du nord, si on peut dire, et d’une ponctualité à la logique floue. Sur un quai, notre marée de bagages : mon premier a son flying Strock, mon second des caméras et autre lunette à grand champ, mon troisième une paire de Naglers et deux jumelles. Qui suis-je ? Et, d’ailleurs : où vais-je ? Je mobilise mes souvenirs d’espagnol de classe de troisième et m’enquiers un peu partout comme une âme en peine : “¿Dónde está el autobús a Ovalle?”- où est le bus pour Ovalle, charmante mais sans éclat petite ville du Coquimbo ? “Se fue !” - Il est parti !, me répond virilement et en claquant des mains un chilien râblé d’âge moyen. Bigre. Va-t-il falloir racheter des billets ? Retrimballer les pesantes valises ? Moi j’ai mes semelles de vent, mais les autres, et surtout les astro-imageurs ? Les mines s’allongent, nous sommes partis depuis plus de 24 heures, lorsque… mais, mais oui c’est lui, notre autocar, qui s’avance et affiche fièrement sur son front en lettres de lumière “El Salvador - Le Sauveur”, bon sang mais c’est bien sûr, le bien nommé !
       
      Lentement nous remontons la panaméricaine, plein nord. A gauche, le Pacifique déroule de longs rouleaux gris. Nous achetons des pâtisseries locales trop sucrées comme toujours et nous rendormons les yeux ouverts, de ce sommeil hypnotique dont on s’enivre à force d’heures non dormies.
       
      Ville de Ovalle, 24 octobre 2018 au soir. J’ai quitté Strasbourg il y a un peu plus de trente heures. Nous retrouvons Raymond, notre hôte, après 5 années d’absence. Il a toujours le regard des coureurs d’espaces ouverts.
      Nous poursuivons notre périple dans le 4x4 qui a dû faire l’aller-retour Terre-Lune et une partie d’un troisième voyage. C’est une mule fidèle, un animal de bât dont Raymond connaît les moindres hoquets, une mécanique incassable qui, même cassée, rentrera à l’écurie.
      Accélérant sur les pistes sèches, il y a dans le voyage des frémissements temporels, tout s’étire, s’étend et se contracte, il y a des accélérations dans l’accélération, je suis maintenant en hypnose, c’est l’ivresse du voyage et Raymond a le pied sur la pédale d’avance rapide d’un film aux contours flous.
       
      Retrouver ces terres arides est un peu rentrer chez soi après une longue absence. Un mélange de souvenirs d’autres années, pas si lointaines mais déjà éloignées, nostalgie d’anciennes nuits éblouies de coups de millions de soleils et au goût de menthe poivrée, tisane vespérale du lieu.
       
      Nous trouvons pour la première fois la Canelilla, notre lieu de résidence, sous les nuages. C’est inédit, ici au pied des Andes, à 25 km à vol d’oiseau du Gemini Sud. Je n’avais jamais vu ce paysage ennuagé. Nous pouvions compter sur un ciel coronal de façon implacable, sans faille, mécaniquement. Le changement climatique opère globalement, c’est un fait avéré.
       
      Nous retrouvons Nadine, maîtresse des lieux, hôte aux petits soins et à la cuisine savoureuse.
      Le chien Baladin est mort, j’espère qu’il course les chèvres au paradis des animaux heureux. Grisette, autrefois chatte libre du désert, est désormais à la retraite dans la nouvelle maison de nos hôtes. Elle se cache, terrorisée par le successeur de Baladin, une jeune doberman recueillie ici pour le meilleur et qui vibre d’énergie.
       
      La colline - observatoire est peuplée d’installations récentes. En plus du traditionnel observatoire à toit roulant du C14 il y a maintenant un abri qui cache un dobson 530 en location séparée et trois constructions basses qui hébergent des instruments automatisés. Un RC 520, une lunette de 127 mm, un Newton 350 et leurs bazars électronifiés respectifs. Pour un peu on entendrait, venu de quelque micro resté ouvert dans l’hémisphère nord, le son nasillard d’un journal de 20H ou autre émission d’infotainment…
      L’électricité est solaire et il faudra un jour conter comment Raymond a acheminé du wi-fi ici, dans une vallée perdue sur les marches des Andes.
      Cette capacité à bâtir, dans un endroit reculé et sans aide, à quatre heures de 4x4 du plus proche magasin de bricolage, l’ensemble des bungalows, installations et maintenant observatoires en remote, me laisse toujours admiratif et incrédule à la fois. Moi qui ai les deux mains dans la même moufle et les pieds dans le même sabot me demande toujours, comme devant les pyramides, si cela a réellement été possible sans une aide venue d’ailleurs.
       
      Pantois et pantelant après quasiment 40h de voyage, je descends la colline pour rejoindre ma chambre. Hélas très momentanément car si je n’ai qu’une envie, m’allonger, encore faut-il que je m’acquitte d’une tâche ardue : reformater ma lourde valise pour qu’elle passe du statut “3 semaines” au statut “1 semaine”. Demain matin tôt, nous partons en effet pour l’Atacama.
       
      Le matin n’est pas encore levé, si je puis dire, lorsque je reprends ma désormais légère et magnifique valise pour un départ d’une semaine vers le grand nord. Je ne sais plus en réalité où je suis exactement : entre les fuseaux horaires, les lenteurs et les accélérations du voyage, les quelques heures de sommeil grapillées ici n’ont pas permis à mon esprit de retrouver mon corps, en quelque sorte. Tel un automate, j’embarque. Pour quelques heures de piste et une bonne journée de panaméricaine.
      C’est presque une expérience de décorporation et il reste forcément peu de souvenirs de cet épisode, autres que ceux d’être passé au large de La Silla dont nous apercevons les mythiques coupoles, et de m’être observé, comme flottant hors de mon corps au son d’une musique andine jouée je ne sais plus comment par Xavier. Au rythme d’une flûte de pan endiablée, les regards s’éclairent d’étincelles étranges et de sourires entendus. C’est une secte, d’accord, mais laquelle ? Je n’arrive plus à m’en rappeler. C’est à la lisière de ma conscience. Nous avalons la panaméricaine à haute vitesse. Tout est trouble sur les bords. Et au milieu aussi, un peu.
      Un flux d’air baigne mon front. Parfois il se relâche, mais la plupart du temps il est fort et constant. Une main tire sur mon crâne et m’emporte à Copiapo. La porte de l’Atacama.
       
      A l’hôtel, en chambre double avec Xavier et dans l’incapacité de trouver le sommeil, nous regardons des dessins animés en italien. Il faut le faire, me dis-je, venir de France, ici au Chili, au seuil du désert, pour rigoler devant des dessins animés en italien. Xavier se penche à la fenêtre pour essayer de distinguer, dans la nuit orange de Copiapo, l’une ou l’autre étoile. En se dévissant le cou il en trouve une, quelque part au zénith, et aussitôt exhibe avec désinvolture et à ma stupéfaction un gigantesque smartphone qui lui indique derechef, toujours à ma surprise, qu’il s’agirait de Fomalhaut. Moi qui ai toujours connu un Xavier low tech je suis, comme disent les anglo-saxon, flabbergasted.  Je range, reformate et défragmente le contenu de ma valise pour que les choses et les événements reprennent un cours normal.
       
      Vendredi, 26 octobre 2018. Au matin tôt et après une courte nuit (durant cette partie du voyage les nuits seront toujours courtes, faut-il continuer à le mentionner ? C’est ensuite que les nuits prendront l’avantage sur les jours), nous attaquons la piste pour les hauts-plateaux de l’Atacama. L’ascension, lente et régulière, commence en faux-plat. Au début, nous croisons encore quelques camions. D’imposants trucks, à l’américaine. Mais rapidement nous sommes seuls. Le ciel bleu roi touche la terre sans dégradés, sans nuances, sans pudeur.
      Au bout de quelques heures de route le paysage est surréaliste : ici un lac de soufre rejoint le ciel, le jaune vif touchant le bleu intense, profond et uniforme, tandis que là un champ de pénitents, silhouettes de neige sculptées par le vent froid, tend ses échardes comme des doigts glacés.
       
      Plus loin le salar de Maracunga s’étire en plaine de sel jusqu’à l’horizon. Le blanc pur touche le ciel coronal, c’est une vision de début des mondes.
       
      Nous passons en Argentine car ici les frontières se chevauchent, puis dépassons les 4000 m pour continuer à monter. Les sommets des “Tres cruces”, trois volcans andins, occupent l’horizon. Massifs, ils semblent cependant peu hauts et assez proches. Mais nous sommes bernés par l’altitude : ces volcans culminent à 6749 m et, s’ils dépassent assez peu de l’horizon c’est que nous sommes déjà vers 4700 m. La distance est trompeuse également, ici tout semble proche car l’air est d’une transparence de cristal. Aucune poussière, très peu d’humidité : la sensation est d’avoir de nouvelles lunettes. Les myopes comprendront.
      Ici les nuits doivent être de diamant. Mais il semble que le manque d’oxygène finisse par dégrader sévèrement la vision de nuit. Et puis il fait déjà très froid de jour, ça doit être intenable pour des observations prolongées.
      D’ailleurs l’air est tellement léger que les efforts semblent un peu plus difficiles même si, à ma grande autosatisfaction, je constate que je réagis bien. Il suffit de s’économiser un peu, me dis-je avec une pointe d’orgueil. Ces histoires de malaises en altitude, c’est forcément pour les inconscients, les imprudents, les inconséquents. Tous défauts que je n’ai manifestement pas. Je me sens bien, très bien même : léger, pour tout dire. Intérieurement, je me ris de la difficulté.
       
      Un peu plus loin et un peu plus bas, à 4300 m, nous abordons la Laguna Verde. Ici, l’eau turquoise éclabousse les flancs des volcans. Ceux-ci dépassent de l’horizon avec leurs plumetis enneigés au sommet. Bleu sombre du ciel, turquoise de l’eau, brun et blanc des volcans : telle est l’ambiance, telles sont les couleurs du lieu.
      Il y a une sorte de refuge décati au bord du lac, une cabane montagnardo-routarde où Raymond nous fait chauffer une infusion de feuilles de coca. Parfaitement légale ici, cette infusion légère anesthésie un peu la gorge mais produit l’effet d’un double expresso.
      Ragaillardis, nous nous attardons en contemplations. C’est au moment où, en fin de journée, nous remontons en voiture pour aborder la redescente qu’un mal de tronche terrible me tombe dessus. Brutalement et sans crier gare. Mon orgueil de montagnard tout frais s’écroule d’un coup. Puis je suis assailli alternativement de moucherons noirs et de lucioles brillantes. Sans oublier de puissantes nausées. Je suis victime de la terrible Puña, le mal d’altitude qui sévit en ces hauteurs. Il faut redescendre, et vite. Mais vite, tout le mot est là. Ai-je dit qu’il s’agissait, à l’aller, d’un faux-plat s’étirant sur des centaines de kilomètres ? Eh bien au retour c’est pareil. Dans l’autre sens.
      Ainsi le malaise dura-t-il longtemps, s’étirant au fil des kilomètres de piste de redescente. Je me suis senti tel un Icare qui aurait la migraine dans sa chute.
       
      Samedi, 27 octobre 2018. Rétabli sans séquelles (quoi que, diront les esprits forts…) de cette terrible Puña, je prends place dans le 4x4 pour redescendre de Copiapo vers la mythique Silla.
       
      Nous filons bon train et nez au vent sur la panaméricaine, dans le sens de la descente si l’on peut dire, lorsque j’aperçois un énergumène planté au beau milieu de l’autoroute. Solidement campé sur ses deux jambes, à cheval sur la bande discontinue, il semble agiter une lampe. Ses fringues bizarres renvoient la lumière, par endroits.
      “Piéton sur la piste ! “ dis-je de façon humoristique à Raymond juste avant qu’il n’entame de lui-même un freinage d’urgence.
      Nous arrivons à hauteur de l’inconscient, à qui j’envisageais vaguement de rappeler les règles élémentaires du code de la route (...en français !) lorsque la réalité et la fatalité nous rattrapent d’un seul coup : le costume bizarre était un uniforme, les réflexions sont dues aux décorations, ou plutôt devrais-je dire à la déco’ style latino brillant au soleil, et la lampe… est un radar. Le flic s’avance, très macho, viril, sud-américain quoi. Il n’a pas l’air content d’être encore en vie, bizarrement.
      Il s’accoude à la portière et sans un mot nous montre l’arrière de sa lampe, qui arbore un nombre : 148. En kilomètres par heure, s’entend. Au lieu de 120, il faut le dire. Oui bon, ce n’est pas non plus la vitesse de la lumière, hein. Mais le gars semble sincèrement en colère. Je saisis qu’il dit des choses définitives et désagréables, du genre “inutile de s’excuser”, “ce coup-ci vous n’y couperez pas”, “amende grillée” et autres paroles blessantes. Plus sérieusement, il a vraiment l’air sérieux, lui, et j’ai la conviction sur l’instant que Raymond va devoir manger son permis de conduire. Mais comme souvent au Chili, les choses prennent une tournure étrange.
      Dialogue reconstitué (et librement adapté de l’espagnol) :
       
      - “Je m’excu…”
      - “Silence. Inutile de vous excuser. Ni de promettre : je ne vous croirai pas”
      - “Mais…”
      - “Et vous allez où ? Vous vous croyez tout permis ? Et qui sont vos passagers ?”
      - “Nous allons à la Silla. Et ce sont des astronomes français, enfin amateurs…”
      - “Mmmhhh. Ahh. Moi aussi, je suis passionné d’OVNIS… Mmmhhh…”
      - ???
      - “Et dites-moi : vous en avez déjà vu ?”
      - “Euh, bah, bon ben c’est que, vous savez, en fait l’astrono…”
      - “Je le savais, je le savais ! C’est passionnant…”
      - “Moui bon (prudent)”
      - “Ici on en voit assez régulièrement…”
      - “C’est-à-dire qu’en fait je suis propriétaire d’un gîte - observatoire…”
      - “Un observatoire ! J’en étais sûr, j’en étais sûr ! Et bien sûr…”
      - “Bien sûr… (?)”
      - “Ah je le savais, c’est fabuleux, et toutes ces planètes extra-terrestres, enfin extra-solaires, enfin c’est extra et ça confirme tout le reste !”
      - “(?) Oui, euh, c’est... vrai… (sentant venir le bon coup)”
      - “Ah c’est fabuleux, c’est extraordinaire !!”
      - “Oui, euh, magnifique, hemm…”
      - “Bon ben vous savez quoi ?”
      - “Euh, non… (espoir)”.
      - “C’est bon pour cette fois. Mais soyez prudent à l’avenir !”
      - “Oh merci, oui, oui, oui ! Et passez nous voir, à la Canelilla, avec la famille, une soirée on vous montrera tout ça…”
      - “Je le savais ! J’en étais sûr ! C’est magnifique ! Merci !”
      - “Merci à vous ! Qué le vaya bien !”
       
      Raymond passe la première et repart sur les chapeaux de roue. Je suis bouche bée. Pour un peu je lui aurais fait le salut de vulcain (“Star Trek”. On a les références qu’on peut). Décidément ces reptiliens sont bizarres.
      Quelques instants plus tard nous filons aux alentours de 150. Ce gars-là était marrant mais il ne faut pas exagérer : il nous a mis en retard.
       
      Le site historique de l’ESO se présente comme une crête de dragon pustuleux, à seulement 2400 m (car nous sommes maintenant aguerris, n’est-ce pas). Les coupoles sont ici nombreuses et témoignent de l’activité de recherche et développement qui anime le lieu depuis les années soixante. Nous visitons d’abord le 3,60 m Cassegrain. Le vénérable est désormais accouplé au bien connu spectrographe HARPS, pionnier dans la détection d’exoplanètes. Notre flic serait heureux. Sous la coupole néanmoins, l’ambiance fleure bon les années 70. On se croirait un peu dans un film rétrofuturiste, ou steampunk.
       
      Non loin, voici le résolument plus moderne NTT. Précurseur des technologies déployées au VLT, l’ambiance est ici plus contemporaine. Il y a deux foyers Nasmyth. Xavier reconnaît ça et là des pompes à vide. Sur un mur, un tableau blanc affiche une procédure manuscrite au feutre, en plusieurs langues. Il y a un schéma de câblage du type : “le fil vert sur le bouton rouge, le fil rouge sur le bouton vert” (“La 7e compagnie”. Les références qu’on peut, etc). Sage précaution ici : mieux vaut en effet ne pas se planter.
      Le miroir de 3,58 m est à portée de main, nous nous en étonnons et frémissons en voyant des visiteurs tendre leurs téléphones juste au-dessus de sa surface pour le photographier. Avec bien plus de précautions et de respect, nous effleurons des doigts la tranche de l’oeil du cyclope.
       
      Nous finissons avec le radiotélescope Suédois submillimétrique. L’oreille de géant termine la crête du dragon. Une structure puissante dresse fièrement le disque d’acier de 15 m. C’est une oeuvre d’ingénieur, campé sur des certitudes inébranlables et une foi constante en la culture du progrès technologique. Mais il est néanmoins réformé et tend désormais vers l’horizon son oreille unique et inutile, tel un antique pavillon de gramophone. Sic transit…
       
      C’est vers l’océan Pacifique que nous redescendons plus tard. Sur la route, nous croisons des renards peu farouches et une famille de Guanacos, petits lamas du coin.
      Ici on passe rapidement d’un milieu ultra-sec à un milieu ultra-humide : un brouillard côtier nous accueille, la Camanchaca.
      Nous prenons nos quartiers dans un bungalow de bord de mer. Avant de m’écrouler sur une couchette je fais et défais ma valise, sorte de reformatage et de défragmentation rituels. Les choses retrouvent ordre, calme et sérénité sous l’oeil de Xavier qui se paye ma fiole. Au programme demain, visite de la réserve de Humboldt et autres promenades en mer.
       
      Il fait froid la nuit au bord de l’océan. Un courant frais s’est infiltré jusque sur mes épaules par la fenêtre disjointe. J’ai dormi au vent du Pacifique.
      Nous partons tôt voir les pingouins, lions de mer et autres mouettes. Les bêtes ne sont pas farouches et nous pouvons leur dire bonjour de très près. Même avec mon 50 mm qui tire forcément bien trop court, je réussis quelques jolis portraits. C’est dire. Xavier, avec son super zoom, traque la moindre moustache de Morse (ou apparenté). Bruno se bat pour sortir d’un mode de pose lente que lui impose son compact depuis le début du voyage. Il y a quelque chose d’héroïque dans ces efforts un peu vains, comme une lutte désespérée entre l’homme et la machine.
      Des pics dentelés sont visibles sous l’eau. Un rocher affleure comme une bouche ouverte et semble pousser un cri vers le ciel. Un peu plus loin, les plages sont immenses.
       
      Quant à moi j’ai oublié ma crème solaire et, malgré la journée grise, j’attrape un fort coup de soleil. C’était pourtant évident et pas très malin : maintenant j’ai la tronche qui pèle.
      Heureusement j’aurai bientôt quinze nuits pour me soigner.
      Car demain, après la visite des villes portuaires de La Serena et Coquimbo, nous rentrerons à la Canelilla.
      Demain s’ouvre le théâtre des contemplations.
      Demain, flambée d’étoiles.
       
      [à suivre]


       
    • Par fred-burgeot
      Salut,
       
      dessin de la nuit passée, encore à la FS78 à 52X. J'ai appliqué une petite symétrie pour annuler l'effet du renvoi coudé.
      Toujours sympa, cet effet "splash" des éjectats, ainsi que les nombreuses nuances dans les mers, et le changement total de l'aspect de pas mal de formations.
       

       
      Fred.
       
       
    • Par biver
      Voilà la version dessin du rapprochement de mercredi dernier. Ce dessin a été fait pour la comète après le coucher de la lune (et avant pour la galaxie).
      J'ai sinon en champ plus resseré les 2 objets dessinés vers 23h50 UT le 13, mais avec la lune dont la gêne a été un peu atténuée avec un filtre polarisant, mais à cette heure là, seule le début de la queue était deviné... - T407mm x72 à 60km au sud de Paris le 13/14 février
      Nicolas

    • Par Loup Lunaire
      Bonjour,
       
      Une journée sans nuage, mais aussi sans lune donc j'avais envie dessiner un peu même sous la pollution lumineuse.
      Ce n'est pas évident de voir des choses avec toutes ces lumières , heureusement le filtre UHC aide un peu , et désolé pour la qualité du scan , il semble que les scanners ont beaucoup de mal avec le "noir" (quelque soit le mode choisi), c'est pour cela que je rajoute une photo d'ensemble. Les conditions de dessins était moyenne surtout gêné par la PL et une turbulence moyenne qui limite le grossissement , à x140 fois s'était déjà trop une des étoiles du trapèze semblait s'évanouir parfois.
      Des irrégularités était visible dans le "cœur" , c'était davantage en vision  décalé, mais les ailes n'était pas vraiment déployé, chez moi.
       
      En tous cas le ciel d'aujourd'hui et complètement couvert, alors autant profiter de l'occasion.
       
       
      Bon ciel étoilé & lunaire
       
       
       

       
       

    • Par xavierc
       Nuit du mercredi 31 octobre au jeudi 1er novembre 2018.
       Strock 254/1200.
       Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo.
       
       13 observations : 8473 à 8485.
       
       Je suis de retour en ce lieu magique du Chili après 5 ans d'absence.
       
       
       Cette fois-ci, j'ai enfin pris le temps de découvrir le reste du pays avec une semaine touristique à notre arrivée, avant 2 semaines d'astronomie à l'hacienda.
       
       Je posterai en fin de certains CROAs quelques photos de la partie touristique.
       
       Pierre observe sur le télescope 406 de focale 1827 et Bruno image plus loin au sud sur une configuration photo à base de lunette de 70mm près des télescopes en remote.
       
       
       Lunette 130 en remote.
       
       
       
       
       Télescope 520 en remote.
       
       
       Je commence par la planète Saturne assez haute ici (40°) dans le Sagittaire.
       
       Observation 8473 : Saturne.
       480X et 343X. Les images sont assez fines. La division de Cassini est visible sur tout le pourtour. Elle affleure le pôle sud de Saturne.
       Les anneaux sont blanc crème et le globe est jaune clair.
       La turbulence est moyenne à 3 sur l'échelle de Danjon.
       
       
       Je poursuis les observations sur un amas ouvert du Scorpion.
       
       Observation 8474 : Tr29 ou Trumpler 29.
       Cet amas ouvert est soupçonné au chercheur 9x50. A 109X, il est assez riche avec des étoiles plutôt faibles à perceptibles.
       
       
       Bruno a des soucis de suivi pour ses photos. Il finira par améliorer la mise en station de la monture HEQ5 à poste fixe sur pied colonne.
       J'observe ensuite un amas globulaire du Scorpion.
       
       Observation 8475 : NGC6496.
       Il est résolu dès 75X, considérablement faible.
       A 150X, je vois ses étoiles qu'on dirait en surimpression.
       Il est bizarrement allongé pour un amas globulaire.
       
       
       Je poursuis les observations sur des galaxies du sud du Sagittaire, vers iota qui est sous l'horizon chez moi.
       
       Observation 8476 : NGC6890.
       Cette galaxie est assez faible à considérablement faible et compacte à 150X.
       
       
       Observation 8477 : PGC64389 et 64391.
       En préparant mes observations, j'ai imprimé avec Guide 7 les cartes de champ des galaxies principales et j'ai rajouté toutes les galaxies jusqu'à magnitude 15, du coup ces galaxies sont voisines de la précédente.
       Ces galaxies ne sont pas séparées, je vois un ensemble de 3 condensations faibles à très faibles à 150X et 218X.
       
       
       Observation 8478 : PGC64380.
       A 150x, cette galaxie voisine des précédentes est très faible avec un centre plus marqué.
       Elle est diffuse et assez facile.
       
       
       Observation 8479 : PGC64383.
       Cette galaxie dans le même périmètre que les précédentes est minuscule même à 150X.
       Elle est très très faible à vision indirecte 1.
       
       
       A 1h le calme est parfait, à tel point que je me demande si Pierre est parti dormir dans le lit de l'observatoire.
       
       Observation 8480 : NGC6878 et PGC64328.
       La galaxie NGC est vue très faible à VI1, très diffuse, tandis que PGC64328 est faible à très faible, compacte à 150X.
       
       
       J'observe une galaxie de la Grue.
       
       Observation 8481 : IC5170.
       Cette galaxie est vue à 150X faible à très faible et très allongée en VI1 surtout.
       
       
       Un spectaculaire météore de type Capricornide de magnitude visuelle -4 est visible vers 2h avec traînée et fragmentation.
       Je constate aussi avec effroi une invasion de fourmis dans mon sac, dans la poche où j'ai mis les barres chocolatées.
       Il y en a des dizaines et elles finiront aussi par envahir l'observatoire, ses gâteaux et le thé.
       
       Je passe ensuite sur une galaxie du Phénix, constellation à proximité du bout de l'Eridan avec son étoile phare Achernar.
       
       Observation 8482 : NGC7796.
       A 109X, je vois le centre considérablement faible de cette galaxie et son pourtour VI1 à 5.
       
       
       Un coup de barre me saisit vers 2h45 puis un mal de ventre et je descends précipitamment aux toilettes pour un besoin naturel. Je me vautre d'ailleurs dans un trou de la piste lors de cette retraite précipitée.
       Je note malgré ça que les horizons ne sont pas propres.
       
       Je reviens près d'une heure après suite à ce souci de santé que je pense dû à un coup de froid ; les écarts de température sont importants ici au crépuscule sans qu'on s'en rende spécialement compte.
       
       La Lune en dernier quartier est levée au retour vers 4h, elle a franchi l'horizon des montagnes et éclaire directement le site d'observation.
       Les autres sont partis dormir.
       Quelques cirrus traînent sur le site d'observation et ensuite ça s'intensifie avec un ciel voilé par endroit.
       
       J'observe un amas ouvert des Voiles dans ce ciel voilé, drôle de hasard.
       
       Observation 8483 : NGC2659.
       Cet amas ouvert est riche à 109X. Ses étoiles plutôt faibles à perceptibles le rendent dur à dessiner.
       
       
       Puis quelques gros cirrus cantonnés au sud-ouest arrivent.
       
       J'observe d'autres amas ouvert des Voiles.
       
       Observation 8484 : Pi6.
       Cet amas ouvert à 150X est petit, assez brillant et me montre une vingtaine d'étoiles.
       
       
       Observation 8485 : Pi8.
       Il est observé dans l'aube. Un météore passe juste dessus à 150X.
       Il est petit et laiteux à 75X et se résout partiellement à 150X.
       
       
       J'entends les moteurs des télescopes en remote au sud à 5h30.
       L'aube arrive à 5h45, le ciel se bâche de voiles, bon timing.
       
       Pour finir, quelques photos du voyage aller :
       Survol des Andes.
       
       
       Des vallées verdoyantes au milieu de montagnes arides, voici le nord du Chili.
       
       
       Santiago du Chili et ses immeubles
       
       
       Gare routière d'Alameda à Santiago du Chili, d'où nous prenons le car jusqu'à Ovalle, 400kms au nord.
       
       
       Rues de Santiago
       
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