Superfulgur

Lancement du EELT, c'est (presque) bon !

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L'ESO vient d'annoncer le (presque) lancement du projet EELT.

La décision définitive devrait être prise mi 2012 pour un budget de plus d'un milliard d'euros...

Là, ils commencent seulement par la route d'accès d'Armazones, et par la fabrication du miroir M 4.

Bon, c'est pas des mauvaises nouvelles.

http://www.eso.org/public/news/eso1150/

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Si je comprends bien ça fait encore 6 mois de retard...
Pourvu qu'il n'y ait pas la grande catastrophe financière que l'on craint imminente d'ici là...

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Je ne suis pas sûr non plus que ce soit vraiment de bonnes nouvelles quand on lit : "l’approbation des dépenses supplémentaires prendra du temps" ainsi que "Ce planning suppose que le Brésil ait finalisé la ratification de son adhésion à l’ESO à cette période."(!!??)C'était pas acté ça ??.. Bizarre..

Sur ces deux points, on en est quasi au même point qu'en Janvier 2011..

On est parti pour 2025 là..

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Si le Brésil fait le même coup que pour les rafales, il va falloir réduire, 42, 39, 35, 30 m...et je ne parle même pas de la situation économique US qui risque de faire passer la crise de l'euro pour une petite grippe...

a+

Chris

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Enfin, l'ESO y croit et vient de publier un pavé (pour ceux que le monstre passionne unfortunately in english attention, c'est 236 pages et ça pèse 27 Mo) : http://www.eso.org/public/archives/books/pdf/e-elt_constrproposal.pdf

C'est vraiment un beau joujou pour les ingénieurs de l'ESO avec plein de "challenges" du miroir M1 ses 798 segments, ses 2500 actuateurs et ses 5000 paires de senseurs pour corriger sa forme en temps réel, M2 ses 4m50 de diamètre et ses 12 tonnes pendus à 30 mètres avec ses 100 actuateurs et aussi M3, M4, le miroir d'optique adaptative avec ses 2m5O de diamètres et ses ... 5800 actuateurs ! jusqu'à M5 qui corrige le tip-tilt ... pour ne rien dire des systèmes de laser ...

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Je reprends ici une discussion sur l'E-ELT qui n'avait pas sa place sur le fil "Au moins une planète par étoile". Je cite la dernière intervention de Bingocrepuscule pour situer le débat :

quote:
ChiCyg, je vais etre un peu severe sur tes interventions mais saches le sans animosite:
Ca ne me gêne pas, j'aime bien un peu de vivacité dans les débats
quote:
Tu fais reference a des liens sans vraiment tout lire. Ou tu lis bien mal.
Le lien de 11h26 qui est un article sur la comparaison AO sur terre versus hubble est anterieur a 2005. Depuis 10 ans la technique a beaucoup progressee. L'article auquel tu fais reference est bon et detient toujours une part de verite mais il est quand meme obsolete. Et puis la comparaison hubble et telescope au sol est a prendre avec beaucoup de precaution. Il vaut mieux en demontrer la complementarite que les mettre en concurrence. Cette comparaison est un faux debat. Toi qui semble etre attache au prix de l'E-ELT,si tu veux aller au bout compare donc le prix d'hubble par rapport a celui du VLT... Il y a quasiment une difference d'une magnitude. Ensuite on pourrait speculer sur la rentabilite de hubble par rapport au reste...mais ca na aucun sens! fausse direction faux debat.
C'est vrai que cet article est ancien, j'avais déjà cité ici un long article qui comparait la performance au sol et dans l'espace, je le reciterai si tu veux mais il est beaucoup plus technique, l'avantage de celui-ci est de citer quelques chiffres simples. Ceci dit, montre en quoi les chiffres donnés sont obsolètes.

Sur le débat sol/espace, tu me fais un faux procès, il existe évidemment et pas toujours objectif ! Même dansla spec de l'E-ELT on se compare au JWST ! Il ne faut être dupe des arguments ni des uns ni des autres !

Concernant le prix, il me semble que ce n'est pas l'Europe qui a financé Hubble, qui, de plus, est déjà construit et même en fin de vie. Il se trouve que je suis européen et que l'E-ELT n'est pas encore décidé ...

quote:
Ensuite quand tu dis pour l'E-ELT "il n'y a AUCUN engagement de performance ni sur la résolution, ni sur les magnitudes limites, sur RIEN."
Je saute de mon siege...Tu abuses vraiment. Dans le document meme auquel tu fais reference il y a les details par instrument des differentes performances. Tu n'as pas pris la peine de lire le document de 263 pages que tu cites... De surcrois le document de l'ESO n'est PAS un document de specifications! Ca n'a rien a voir avec celui du TMT. Aie aie aie... Un tel document pour l'E-ELT existe ou va exister. Tu n'y a simplement pas encore acces.
Là, excuse moi mais tu disjonctes :
. en général un document de spécification est réalisé AVANT la spécification de définition : elle y fait même référence. Sinon c'est mettre la charrue avant les boeufs. Rien de tout cela dans "The E-ELT construction proposal" de l'ESO http://www.eso.org/public/archives/books/pdf/e-elt_constrproposal.pdf Il est clair dès l'introduction que l'ESO veut construire le plus grand télescope possible 100 puis 42, puis 39 et qu'ensuite seulement on se préoccupe de savoir à quoi ça pourrait bien servir. Relis l'introduction.

. j'attends que tu me cites l'équivalent du document TMT pour l'E-ELT, je ferai amende honorable

. cite moi, les "details par instrument des differentes performances". Pour l'E-ELT, les deux premiers instruments sont :
- une caméra proche infrarouge ELT-CAM dont il est dit page 188 "As first-light instruments, and considering their necessary integration with adaptive optics, discussions regarding instrument architecture and specifications must be started in 2012." autrement dit pour la perf on verra plus tard,
- un spectro de champ intégral ELT-IFU : quelques bribes page 179 : "The ability for ELT-IFU to operate in seeing-limited conditions as well as at the diffraction limit is also recommended" et "The high spectral resolving power (R ~ 10 000) mode is also planned for ELT-IFU".

Lis l'équivalent pour le TMT, http://www.tmt.org/foundation-docs/SRD-CCR18-Science-Based-Requirements-Document.pdf à partir de la page 25, y a pas photo !

quote:
En plus dans ce meme document que tu cites, sont enumeres les principaux science cases du projet. Lis attentivement et contrairement a ce que tu affirmes tu verras qu'il n'y a pas que la recherche d'exoplanetes. Bien au contraire. Franchement, la communaute scientifique rigolerait bien si on lui disait on va construire l'ELT pour decouvrir quelques pauvres planetes perdues au loin. Seulement il y a un biais malheureux ou maladroit a mon avis: quand l'ESO s'adresse au grand public il parle d'expoplanetes parce que c'est la part du reve, c'est ce qui interesse et c'est plus facile a expliquer que la matiere noire. Ce document justement qui s'adresse a la communaute montre que les objectifs de l'ELT sont plus serieux et vont au dela (et oui moi aussi je pense que la recherche d'exoplanetes c'est un peu de la poudre au yeux, meme si justement on en a besoin).

Juste pour rigoler "l'expoplanète" devrait plaire à SuperSydlexique, "l'habidébilité des expoplanètes" !

Sérieux, chépas si tu sais lire :
- page 7 : "1.2.2.1 EXOPLANETS : ARE WE ALONE?", j'ose même pas te citer le reste du paragraphe
- page 8 "Figure 1.1. An artist’s conception of a multi-planet system as they are commonly found now around nearby stars."

Contrairement à ce que tu dis, c'est la même prose que pour le grand public. C'est clair, ce document est destiné à enfumer les décideurs qui n'y connaissent rien.

quote:
Pour ce qui est des performances de NACO a la limite de diffraction, oui je suis sur: en 2001, premiere lumiere, 0.07" en bande K, 0.04" en J. Press release de l'ESO a consulter. Mais il y aurait bien a dire sur ce que peut signifier exactement une performance d'instrument a la limite de diffraction et l'importance tout relative qu'un astronome peut y trouver. Et la definition qu'en donne superfulgur ne me convient pas.
Pourquoi tes chiffres ne sont pas repris dans la conclusion de la présentation de l'ESO du 27/11/2009 http://www.eso.org/sci/facilities/develop/ao/20years/NACO-20years-AOgroup-ESO.ppt :
"Conclusion
In median seeing conditions:
SR ~ 50% at K band; best Sr(K)=64% on sky
[...]"
Ils ne parlent pas de la bande J.

[Ce message a été modifié par ChiCyg (Édité le 15-01-2012).]

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j'ai eu accès à des données naco (en mode burst : ce sont des piles d'images avec oa sur lesquelles on fait ensuite du lucky imaging), la bande j n'est pas très bien échantillonnée peut être parce qu'au départ ils ne pensaient pas que cela fonctionnerait aussi bien. les bandes h et surtout k sont bien meilleures de ce point de vue (normal, c'est le même détecteur et la longueur d'onde augmente) et la tache de diffraction et son premier anneau sont visibles sans problème sur les images individuelles.

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Ce truc me paraît complètement dingue !
"Chaque jour, lorsque le télescope sera en exploitation, deux des 798 segments seront démontés pour être ré-aluminés, la totalité du miroir devant être ré-aluminée en 18 mois afin de maintenir sa forte réflectivité"...
Y vont faire comment ?
Par dessus avec des ventouses de vitriers ?
Ou par dessous sous la forêt d'actuateurs, de câbles et de poutrelles ?
Va falloir trouver des techniciens qui picolent pas et dont les neurones encaissent bien l'hypoxie !

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Merci ChiCyg pour ce lien (tu l'avais déjà mis mais j'avais zappé faute de temps)
ça me paraît encore plus dingue maintenant que je l'ai lu intégralement...
Sincèrement et blague à part : ce truc - l'EELT - a vraiment la moindre chance de fonctionner ? Je veux dire dans la vraie vie, avec ses corrections de front d'onde en cascade, ses problèmes de plomberie et d'écureuils ? (clin d'oeil à Chonum ;-)
Je sais que nombre des solutions proposées sont extrapolées des instruments déjà en service, mais franchement on change d'échelle dans les emmerdes et les "grains de sable", non ? Et c'est vrai que je trouve certaines spécifications disons "évasives".
Beaucoup de choses restent à développer, notamment pour piloter, gérer puis optimiser le système sur site : est-on sûr d'y parvenir sans exploser les coûts et les délais (47% des coûts prévisionnels reposent sur des développements estimés mais non finalisés si j'ai bien compris ? Avec 100M€ de marge seulement - soit 24% de tampon sur cette enveloppe pour assumer les merdes, ne risque-t-on pas de devoir sacrifier de l'instrumentation pour rester dans l'enveloppe budgétaire si la finalisation de l'instrument pose plus de problèmes que prévu ?)
Enfin je ne suis pas compétent, mais on sait tous d'expérience que quand on change d'échelle, les difficultés augmentent de façon exponentielle et parfois imprévisible... par manque d'expérience, justement !
Comment une masse pareille (près de 3000T au décollage !-) - et un tel puzzle - peut demeurer géométriquement suffisamment stable pour ne pas passer plus de temps à le régler qu'à l'exploiter ?
Surtout, je trouve que dans ce dossier beaucoup de réelles difficultés techniques sont un peu vite évacuées commercialement, alors que ça peut s'avérer en pratique de grosses sources de misères, surtout sur des opérations quotidiennes : les ingés ne sont-ils pas extrêmement optimistes sur les temps de maintenance, la stabilité des réglages et des alignements, tout ça ?
Ou encore, quand ils postulent que les flexions des plateformes Nasmith ne nécessiteront pas de réalignement complet de toute l'instrumentation à chaque modification... je le leur souhaite. Sinon ce n'est pas quelques jours seulement par an que les opérations seront suspendues pour maintenance.

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Alain,

A priori, à "l'intuition", chuis plutôt d'accord : un télescope de 40 m, c'est dément. Ce qui est étonnant, c'est que quand on parle de vive voix aux gens de l'ESO, les ingé, sur place, ils ont l'air de trouver çà presque trivial... Ca me déconcerte aussi. Globalement, en tout cas, la rupture technique entre VLT et EELT, c'est dans "l'adaptativité" : le télescope entier sera adaptatif, "flexible", c'est là-dessus qu'ils comptent le plus, manifestement. Et aussi sur le fait qu'ils vont dans les années qui viennent utiliser un 8 m comme test, en "l'adaptatisant"...
Perso, quand chuis dans une coupole de 8 mètres, je me dis "Bon, maint'nant, imagine la même chose, mais avec un miroir de 40 mètres". Eh bien la vérité, c'est que je n'y arrive pas, j'ai du mal à croire ce truc possible.

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SuperCrédule,

Je comprends l'ESO, c'est un super génial challenge pour les ingés de construire ce truc. Il y a des défis partout : le dôme, la monture azimutale et en altitude, la tour centrale avec ses trois miroirs, les 5 premiers miroirs (M1 à M5), la plate-forme Nasmyth, la pupille de sortie de l'ordre de 2 mètres, les cinq - six lasers, le pilotage de tout le bazar des centaines de tonne à bouger à une fraction de microns près en amortissant les vibrations et l'effet du vent, l'optique active, l'optique adaptative, le traitement informatique, ...

Le problème pour moi, mais peut-être me trompèje, c'est que le cahier des charges me semble se résumer à : "réaliser THE plus grand télescope du monde", pas d'obtenir une performance, ni répondre à un besoin astrophysique, les performances seront les meilleurs possibles réalisables (je ne doute pas que l'ESO mettra le paquet), mais ce n'est pas un critère de décision. Le but c'est de faire plus grand que tout le monde.

Ca se voit dans le paragraphe "Science with the E-ELT" et le chapitre "The Scince Case", c'est de l'enfumage (à mon avis) : il n'y a pas de comparaisons entre différents moyens d'observation qui montre l'apport spécifique d'un E-ELT et qui justifierait sa construction. Il n'y a pas non plus la liste des performances détaillées minimales qui permettrait cet apport et sur lesquelles l'ESO s'engagerait pour justifier plus d'un milliard d'euros quand même .

Je suis désolé, mais ça n'a rien à voir avec les cahiers des charges des concurrents dans lesquelles les performances minimales et espérées sont clairement établies à tous les niveaux structures, optiques, instrumentation ...

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Oui Serge, je conçois bien qu'ils comptent sur une armée d'actuateurs, de vérins et de leviers pour rectifier en temps réel la géométrie de l'ensemble.
C'est l'aptitude à bien orchestrer toute cette complexité pour ne pas que ça vire à la cacophonie qui m'inquiète.
J'admet tout à fait que par une analyse FEM très poussée, on parvienne à maintenir dans des marges acceptables "sur le papier" le comportement statique et dynamique de la structure (encore que ce soit loin d'être trivial sur un tel proto !-)
Non ce qui m'effraie, c'est la gestion effective sur le terrain des boucles d'asservissement en cascade : tout influe sur tout ou presque, même pour les calibrations !
Comment vont-ils se sortir de cela ?
Il est noté que les fréquences de résonances ont été calculées pour chaque sous-ensemble (et dans chaque position !)
Certes au-delà du risque sismique, il est clair que cela va résonner dans tous les sens d'une façon difficile maîtriser : pour éviter que les résonances, il y a des fréquences interdites, obligation de désynchroniser les dispositifs électriques, hydrauliques, faire la guerre aux propagations, etc ; à côté des flexions et des comportements statiques, ce n'est plus la même musique.
Dôme + télescope : presque 10 000 tonnes en mouvement !
La seule surface collectrice du primaire : plus de 200 tonnes qui s'ajustent en permanence sur ses actuateurs, heureusement à faible amplitude et basse fréquence...
Tout cela a été prévu bien sûr, mais sans expérience à cette échelle : tous les calculs reposent sur des modèles, pour le sous-sol et la sismicité, pour les structures, pour le vent... En priant pour qu'on n'ait pas sous-estimé ou carrément oublié un "effet papillon" quelque part - comme toujours le diable est dans les détails !
On sait l'écart qui peut exister entre la modélisation du réel et ce dernier : en pratique le nombre de paramètres qu'il va falloir gérer simultanément pour procéder aux ajustements en temps réel donne le vertige !
J'espère de tout coeur que ça va marcher, ce sera magnifique si ça marche... mais tout de même : la perplexité m'habite.
(par contre ça va être le paradis du photo-reporter cet engin : on peut se balader de partout dans les structures ! j'espère que tu vas décrocher l'exclu pour couvrir toute la construction jusqu'à la première lumière !-)))

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Le problème ChiCyg, c'est qu'on n'identifie pas très clairement de qui émane ce dossier et à qui il s'adresse.
Pourquoi un tel gigantisme ?
Est-ce seulement à la demande des scientifiques ?
Dans ce qui est présenté là, il manque effectivement une articulation essentielle entre les objectifs et les moyens, apportant une (ou des) justification(s) imparable(s) à se doter d'un tel outil, que ce soit par rapport à la "concurrence" ou dans l'absolu.
D'un côté, les chercheurs espèrent toujours plus de lumière et de pouvoir séparateur, étant entendu qu'on ne connaît pour le moment pas d'autre moyens de repousser les frontières : les rendements des capteurs n'offrent presque plus de marge de progrès, et les capacités de traitement et d'analyse des données sont maintenant plus limitées par les ressources humaines que matérielles et logicielles.
De l'autre, si on prend effectivement un peu de recul avec ce bel objet technique - pur produit d'ingénierie de pointe toujours en quête de démonstrations de savoir-faire, et d'industrie spécialisée en quête de beaux marchés - on découvre que sa justification est certainement multiple et tout sauf explicite : politique, économique, industrielle...
Dans d'autres domaines des sciences et des techniques, on recherche à présent la voie de la miniaturisation ; en ce qui concerne l'astronomie et la physique fondamentale, on n'échappe pas hélas, au "toujours plus grand pour voir plus profond".
Donc concernant l'EELT la vraie question posée selon moi est plutôt : ce changement d'échelle brutal est-il suffisamment maîtrisable pour que l'outil apporte son lot de découvertes comme chaque fois qu'on explore une nouvelle décimale ?

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quote:
on n'identifie pas très clairement de qui émane ce dossier et à qui il s'adresse
Ben si, il émane de l'ESO et il est clair qu'il ne s'adresse pas au grand public, que ce n'est pas un document scientifique (pas de référence bibliographique), ce n'est pas non plus une spécification technique, c'est un document en direction des décideurs, pour les convaincre que le projet tient la route et qu'il a été correctement évalué. Il me semble qu'il n'y a aucun doute quand on lit la première phrase de l'introduction (page 5) :
quote:
This document presents a 1083 million euro (M€), 11-year programme for the construction of the European Extremely Large Telescope (E-ELT)

qui se traduit tout seul , et la dernière (page 6) :
quote:
Should the governments of the ESO Member States come to a rapid decision about authorising the programme, the involvement and leadership of Europe in these discoveries will be assured.
Soit "Puissent les gouvernements des états membres de l'ESO parvenir rapidement à la décision d'autoriser le programme, l'implication et le leadership de l'Europe dans ces découvertes seront assurés."

C'est limpide, non ?

Je ne pense pas que ce soit "à la demande de scientifiques" que l'E-ELT a été conçu, simplement si on promet un bel instrument à des observateurs, je suppose qu'ils ne vont pas cracher dessus, et surtout les "instrumentalistes" sont bien sûr intéressés et seront mis à contribution dans un tas de labos.

Je n'aime pas cet aspect de lobbying, d'enfumage des décideurs, pages 7 et 8 :

quote:
OPEN QUESTIONS FOR THE E-ELT
A revolutionary telescope such as the European Extremely Large Telescope is designed to answer some of the most prominent open questions in astrophysics.
[...]
EXOPLANETS : ARE WE ALONE?
[...]
FUNDAMENTAL PHYSICS: ARE THE LAWS OF NATURE UNIVERSAL?

Soit :
"QUESTIONS OUVERTES POUR L'E-ELT
Un télescope révolutionnaire comme l'E-ELT est conçu pour répondre à quelques unes des questions ouvertes les plus éminentes en astrophysique.
[...]
EXOPLANETES: SOMMES-NOUS SEULS ?
[...]
PHYSIQUE FONDAMENTALE : LES LOIS DE LA NATURE SONT-ELLES UNIVERSELLES"

C'est clairement de l'intox, il est extrêmement peu probable que l'E-ELT réponde à l'une ou l'autre de ces deux questions, si encore elles ont un sens !

S'ils croient vraiment que leur bazar a un intérêt scientifique qu'ils l'expliquent mais pas en promettant la lune sur des fausses questions.

[Ce message a été modifié par ChiCyg (Édité le 04-03-2012).]

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ChiCyg, ne me prends pas pour une buse (même si je sais aussi la jouer comme telle ;-) je sais lire comme toi, y compris entre les lignes...
Donc je vais reformuler mes questions pour être plus clair : de qui, de quels lobbies émane ce dossier au sein de l'ESO ? Cet énorme machine multi-têtes et multi-fonctions, dont produire de la science n'est que l'une des très nombreuses attributions.
Ensuite et en conséquence : à qui s'adresse véritablement ce dossier ?
Certainement pas aux scientifiques ni aux techniciens vu l'inconsistance du contenu
(pourtant je ne doute pas que les véritables études aient été faites, ni que des spécifications précises existent dans les bureaux d'ingénieurs, ne serait-ce que pour valider la faisabilité et coordonner le travail de tous pour concrétiser)
Il ne s'adresse pas non plus directement aux chefs de gouvernements : tous s'en remettent à des équipes de conseillers scientifiques qui j'espère ne sauraient se contenter d'un contenu aussi superficiel pour juger de la pertinence d'un projet d'envergure (et dont les plus compétents travaillent justement à l'ESO...)
Alors pour qui ? Des novices en science comme en politique ? Juste pour faire le buzz ?
Ceci dit relativisons : le coût total du projet ne représente que 5% de la future ligne TGV Lyon-Turins...

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quote:
de qui, de quels lobbies émane ce dossier au sein de l'ESO ?
Pourquoi tu imagines que ce projet pourrait se faire dans le dos de la direction de l'ESO alors que c'est le projet phare ? Le budget de l'ESO est de l'ordre de 130 millions d'euros, cet investissement est 8 fois le budget annuel ...
quote:
Il ne s'adresse pas non plus directement aux chefs de gouvernements : tous s'en remettent à des équipes de conseillers scientifiques qui j'espère ne sauraient se contenter d'un contenu aussi superficiel pour juger de la pertinence d'un projet d'envergure
Je crains que tu sois bien optimiste ...

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A l’origine du projet, c’est Catherine Cesarsky, qui dirigeait l’ESO, qui a eu l’idée de lancer un gigantesque projet ; Une interview qui montre bien son goût pour les instruments gigantesques tout au long de sa carrière et sa volonté de rattraper puis dépasser les américains http://www.unige.ch/communication/Campus/campus101/invite.html

Il ne faut pas oublier qu’au départ le miroir devait faire… 100 m !!!
Comme il c’est vite avéré que cela était impossible, elle a demandé aux astronomes quelles dimensions étaient nécessaires pour que des découvertes majeures soient faites en matière d’astrophysique : 42 m lui a-t-on répondu !
(On est passé depuis à 39.5 m pour raison budgétaire)
Je n’ai pas de lien mais je me souviens très bien qu’elle l’a dit en interview…
Voila qui devrait répondre à vos interrogations
Maintenant si les américains peuvent faire un 30m, est-ce impossible pour les européens d’en faire un de 39.5 m ?

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Je n'ai rien imaginé ni prétendu de tel.
J'ai posé une simple question, c'est tout.

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A mon avis, c'est inhérent à la structure même de l'ESO, ChiCygni... Tu te prends la tête pour pas grand chose... Une machine d'une douzaine de pays avec un budget de 100 millions n'est pas faite pour construire un télescope de 2 mètres doté d'un bon spectrographe, ni de bricoler dans son coin pendant 40 ans à réaliser des interféromètres qui ne seront jamais opérationnels. Par définition, on est dans la "big science", la "big technology", pour l'instant, enfin à mon avis, çà ne marche pas si mal...

Quant à la taille du EELT, ben elle ne fait que suivre un mouvement de fond depuis Galilée : tous le vingt ans, chaque nouvelle génération d'astronomes veut un jouet deux fois plus gros que la génération précédente. Dans les années 60/80, la révolution CCD a temporairement stoppé cette course au diamètre, le RQE des capteurs étant désormais de 100 % (métaphoriquement) il faut bien grossir les miroirs...

Voilà pour la forme. Sur le fond, j'ai déjà dit ce que j'en pensais, n'en déplaise au bon Docteur Simon le gain en "découvertes" va devenir de plus en plus faible par rapport au coût des engins, surtout en cosmologie, effets de l'expansion obligent.

Techniquement, chuis perplexe, comme vous : l'engin sera vraiment gigantesque... Alors ? Succès, comme le VLT, qui a un rendement exceptionnel, ou "demi succès", comme l'OA ou le VLTI, qui sont des usines à gaz, beaux "actes" technologiques, mais d'un rendement scientifique peut-être discutable, surtout lorsqu'on compare les promesses à la réalité réelle...

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Merci du lien jackbauer2, c'est assez révélateur à mes yeux, quand Catherine Cesarsky dit :

quote:
Ces quatre télescopes de 8,2 mètres de diamètre, lorsqu’ils travaillent en réseau, forment le plus grand télescope optique du monde. Ils sont opérationnels depuis 2001.

C'est le genre de raccourci très politique dans le mauvais sens du terme : le plus grand télescope optique du monde, c'est partiellement vrai en mode interférométrique, il y a d'autres interféromètres du même ordre de taille, et opérationnels depuis 2001, c'est vrai mais pour les télescopes individuels, l'interférométrie des 4 télescopes principaux vient juste d'être réalisée en mars 2011.

Je pense que l'apport essentiel du VLT est déjà et sera celui des quatre 8,2 m individuels (UT) et que celui de l'interféromètre (VLTI) sera marginal. Le problème avec l'E-ELT c'est qu'on ne pourra pas l'utiliser en attendant que tout fonctionne ...

Tu as raison, SuperCynique, je me prends la tête pour pas grand chose, un bon milliard d'euros, je pense qu'il pourrait être mieux utilisé, c'est mon côté bisounours

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