RIGEL33

Une soirée nuageuse constellée de satellites.

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Une soirée nuageuse constellée de satellites.

 

Le ciel n’était pas pour les astrophotographes en cette soirée du 25 mai… mais elle était assez bien pour les observateurs.

 

Étaient présents : Arnaud, Denis, Gérard, Jean-Pierre, Julien, Patricia, Sandrine, Valentin et moi-même.

En visiteurs, la moisson fut belle avec deux couples, une maman et sa petite fille, et un curieux désireux d’investir dans un instrument.

 

Les nuages étaient donc présents en début de soirée mais laissaient entrevoir de très belles éclaircies. Seuls trois dobson furent déployés : un 400, un 300 et un tout jeune 200. Ce dernier venait pour sa première lumière.

Ce dernier, né au CotonTige Observatory, ne pesait qu’une dizaine de kilos et allait servir à Gérard comme instrument d’appoint dans les voyages lointains où il est préférable de voyager léger. Ce dobson était là pour sa première lumière. Il lui manquait quelques accessoires et quelques réglages mais, après avoir visé sa première étoile et son premier objet du ciel profond, en l’occurrence l’amas d’étoiles d’Hercule (M13), il semblait plus que prometteur, révélant un très joli piqué.

 

Au fur et à mesure que le jour s’effaçait laissant place à la nuit, le vent s’essoufflait. Malheureusement, les éclaircies se rétrécirent d’autant. Avec de la patience, ce qui ne manquait pas à nos visiteurs, on put quand même visiter le ciel de printemps, constellé de galaxies et d’amas d’étoiles.

 

A 22h45, l’alarme du téléphone indiqua le passage de la station spatiale chinoise, Tiangong-2. Malgré tous les yeux braqués sur la région du ciel où elle devait passer, rien ne bougeait. Plusieurs secondes s’écoulèrent et je pestais de ne rien apercevoir. Les nuages n’étaient pas si épais, ni si nombreux. Et d’un coup, quelqu’un dit assez fort en montrant du doigt une portion du ciel assez haute vers le sud-ouest : « Là, la station ! » Oui, elle était là et bien là, presque à son point culminant. Il devait y avoir un décalage de quelques minutes dans les heures de passages… Et cette vision accrocha un sourire à mes lèvres… car je n’y croyais plus !

Du coup, il fallut expliquer à la petite fille de 7 ans ce qu’était une station spatiale et, par ricochet, ce qu’était la force de gravité. On précisa à sa maman que la Station spatiale internationale allait passer d’ici à une demi-heure si elles avaient le courage d’attendre. Ce fut le cas car on reprit les observations du ciel profond : le triplet du Lion, M81-92, M13, le Sombrero, l’Anneau de la Lyre…

 

23h25 arriva vite et le téléphone sonna à nouveau. L’ISS était attendue. Là aussi les nuages jouaient avec nos nerfs mais on perçut assez vite le point lumineux qui ne devait pas monter plus haut que 25°. Elle clignotait en passant dans les nuages… puis ce fut le passage dans le plus gros nuage et on la perdit de vue pendant un bon moment… A tel point qu’on crut que c’était fini. Et là aussi, un observateur plus têtu que les autres, dit : « on la voit encore ». En regardant vers l’est, on put voir la brillante station s’éloigner à vitesse grand V.

C’est à ce moment-là que la moitié des curieux repartirent. En plus la bâche nuageuse s’était intensifiée. Mais l’observation vedette de la soirée allait bientôt avoir lieu… celle des satellites Starlink qui devait passer en procession vers 0h10. Mais il faudrait un miracle météo pour qu’on puisse en profiter.

 

On commença à ranger le dobson 300 de Denis. Le seul point positif avec ces nuages, c’était l’absence d’humidité. Tout était sec, y compris la chienne Chara qui parcourait les champs inlassablement depuis que nous étions arrivés sur site.

Après le rangement, on se rapprocha de Jean-Pierre et de son instrument afin de profiter encore un peu de la vision de Jupiter qui clignotait au sud-est au gré des voiles nuageux. L’épaisseur des nuages n’était pas si catastrophique et je reprenais espoir pour l’observation des satellites.

 

A 0h09, le téléphone sonna… et là toutes les têtes restantes se penchèrent vers le ciel afin de tenter d’apercevoir ce défilé de satellites annoncé. Ces satellites, appelés Starlink, étaient les premiers d’une longue série. Ils avaient été envoyés quelques jours plus tôt dans l’espace par SpaceX afin que le continent africain puisse avoir une bonne couverture internet. On savait que les objets seraient de faible luminosité… à peine 4 à 4,5 de magnitude.

Les secondes défilées et on ne voyait rien… des éclaircies étaient plus importantes au zénith… on y croyait et… Ouiiiiiiiiiiiii on les voyait ! Il était là !! C’était fin et d’une lumière diffuse… sûrement des voiles nuageux en altitude. Patricia put les voir aux jumelles. Mais on les perdit assez vite au gré d’un nuage plus épais… on cherchait à nouveau en direction de l’est. Encore plusieurs secondes à attendre… c’était long… mais la patience fut récompensée. On revit la procession de satellites Starlink se dirigeant vers la constellation du Cygne, passant juste à côté du sommet du monument. Ça ressemblait à un train fantôme… c’était presque magique. J’étais vraiment émerveillée de pouvoir faire cette observation si inédite pour moi… On put en profiter encore quelques secondes avant sa disparition définitive.

On en discuta entre nous comme pour prolonger cette vision originale qu’on venait de vivre. La magie du moment flottait encore un peu sur le site. Je me promis alors de tout faire pour revoir ce train dans les jours suivants quand on sera aux Nuits astronomiques de Touraine. Les satellites seront sûrement un peu moins serrés mais l’observation serait sans conteste toujours aussi féerique.

 

Nous quittâmes le site d’observation peu de temps après… il était déjà 1h du matin. Les astropotes restèrent encore un peu. Les nuages s’écartaient un peu et promettaient encore quelques observations sympas.

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Planetary Astronomy
Observing, imaging and studying the planets
A comprehensive book about observing, imaging, and studying planets. It has been written by seven authors, all being skillful amateur observers in their respective domains.
More information on www.planetary-astronomy.com

Merci pour ce CROA très intéressant. Félicitations :)

 

XaVs

Edited by XavS
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Une belle soirée :)

Par contre, je suis moins fan de tous ces trucs qui se baladent dans le ciel ;)

Bonne soirée,

AG

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Hello 😊

 

Une bien belle soirée, un superbe croa, merci d'avoir partagé avec nous ces moments nocturnes ! 

 

fred😊

Edited by fredo38
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J'ai vu passer les starlink ou une partie à 2 reprises la nuit dernière... maintenant ils s'étalent sur plus de 10min, et comme ils sont suffisament hauts pour être éclairés toute la nuit (et que actuellement le haut de leur orbite est au-dessus de nous la nuit), on va bientot pouvoir en avoir au moins un au-dessus de nos tête à n'importe quel moment de la nuit, déjà!

Mais de toute manière en juin, tous les satellites à plus de 400km d'altitude sont éclairés toute la nuit de nos latitudes métropolitaines, donc en fait y'en a partout en plus des starlink...! :|

 

Nicolas

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Aux NAT, on a pu les voir... ils s'étalaient sur 50 mn environ...

Franchement, ils ne sont pas si brillants que ça. En tout cas, pas plus que les autres satellites qu'on peut voir.
Par contre, c'est assez marrant de les voir se suivre en défilé... certains encore bien rapprochés les uns des autres.

 

Je ne sais pas si c'est vrai, mais il a été dit que pour les prochains (12.000 en tout) seront recouverts d'une peinture noire non réfléchissante.

Ce qui ne devrait pas nous gêner outre mesure ;) 

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La question est : 12000 satellites, donc en gros 6000 dans le demi ciel contre 1000 à 2000 étoiles plus ou moins visibles à l'oeil nu selon la noirceur du fond.

Je les ai bien vu les quelques uns mobiles en file indienne! Donc avec 6000, pour beaucoup éclairés et bien visibles, à quoi va ressembler le ciel ? 1000 points fixes plus ou  moins brillants, 1000 points fixes pas toujours facile à déceler et 5 à 6000 points bien visibles et mobiles!?!?

On va passer d'une forêt d'arbres millénaires à des barres de HLM... mais avec quelques vestiges d'arbres au pieds.

 

Pierre

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Salut voisine ! (ou presque)

 

Je "réactive" ce sujet pour faire part d'une observation faite vendredi dernier : alerté sur les passages des Starlink depuis le début de la semaine (27/05), j'ai essayé d'en voir passer lors de la soirée d'observation avec mon club le 31/05 (mémorable : jusqu'à plus de 3h du mat' !) mais même aux jumelles je n'ai rien vu sans doute en raison d'un ciel encore trop clair lors du 1er passage prévu vers 22h15 puis d'une magnitude trop faible (>5) au 2ème prévu vers 23h10.

 

Par contre, un peu avant 2h30, mon œil a été attiré par un "flash" assez proche de la Polaire. Comme je n'avais pris que la liste des passages de satellites brillants en soirée (avant minuit) fournie par Heavens-Above, j'ai vérifié a posteriori quel débris de fusée avait pu provoquer ça et c'était un autre passage des StarLink qui correspond très bien à l'horaire et à la carte :

 

Starlink0106.jpg

 

Et la luminosité était bien plus forte que la mag 4.4 prévue (à 2h28, très près de mon observation), je pense plutôt dans les 2, comme la Polaire voisine.

 

Si en plus du "fourmillement" de centaines de satellites prévisible en début/fin de nuit, ils nous font en plus des "flash" en plein milieu de nuit, c'est la cata complète !!! :(

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Coucou voisin :) 

Jusque là, je ne les ai pas vu flashé...

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    • By ANAKLO
      Bien qu'aillant été ma principal occupation durant les soirées cette été, je n'ai pas fais que de la photo. En me basant sur des souvenirs, j'ai dessiné, vite fait sur un carnet, des objets observés. Il n'est donc pas question de ressemblance avec la réalité car ses dessins sont réalisés avec l'émotion qu'il met resté du moment. Jupiter a donc des détails inventés, mais avec une résolution similaire à ce que l'on aurait pu voir. Il en est de même avec les objets du ciel profond, et notamment avec les étoiles qui sont placés avec une mesure précise environ (). Avec mes jeunes yeux, j'ai pu aussi admirer quelques couleurs, mais comme les dessins sont monochromatiques, vous les verrez par votre imagination grâce aux commentaires.
      Voici donc cette petite page de dessins, j'espère qu'elle vous plaira ! ^^
       

       
      Ces observations ont été réalisés avec les télescopes de l'association Copernic (T520, T635, T760).
       
      - Noms de l'objet ###Conditions, info sup, commentaire. Note /10 (personnel)
       
      Au T520 :
      - Jupiter et ses Lunes ###Une nuit 5/5, un seeing chilien (moins de 1"), qui nous a permit de découvrir des détails dans la grande tâche rouge. On voyait un hexagone orange dans la tâche rouge avec un centre orange clair. Je n'exagère pas en disant que le détail était aussi bon qu'une photo de J.L. Dauvergne, mais avec de meilleurs couleurs, car vu en direct. Une expérience innoubliable ! 10/10
      - les Piliers de la Création et l'Aigle ###Nuit correct sans plus, filtre OIII, l'aigle se détache nettement avec des détails dans la nébuleuse obscure, le groupe d'étoile à gauche est bien défini. Les piliers sont timides, il faut utiliser la vision périphérique pour bien les dicerner. Moi qui est toujours voulu les voirs. Avec ce grossissement c'était super ! 7/10
      Au T635 :
      - la nébuleuse Trifide ###Nuit correct sans plus, pas de filtre, le trèfle est bien discernable, on peut clairement voir les nuages de gaz et en apprécier les détails. Une légère teinte rougeâtre colore les feuilles de ce trèfle. La partie en réflexion est bien difficile à voir, avec un peu de patience, un bleu/cyan très timide se laisse appercevoir en vision périphérique. 7/10
      - la galaxie d'Andromède ###Nuit correct sans plus, pas de filtre, le centre est brillant comme une comète ! Il est baigné dans un nuages lenticullaire très contrasté avec la bande du bas. Le centre est légerement jaune et les bras blancs. Je ne trouve pas la couleur très belle, ce qui est rare avec les objets du ciel. Finalement assez peu de détails, et de toutes manière je n'ai pas assez regardé, je suis assez déçu en comparaison de ce que j'avais vu avec la grande lunette des baronnies provençale, peut-être le ciel n'était pas assez clair ? 4/10
      Au T760 :
      - la galaxie du Cigard ###Ciel moyen, pas de filtre, elle est bien belle celle-ci ! De beaux détails sont au centre, le divisant à la manière du trèfle. Et puis c'est lumineux ! J'en ai été bien étonné d'ailleurs, je l'aurais pensé comme un trait diffût. Grande surprise donc ! 8/10
      - la galaxie de Böde ###Ciel moyen, pas de filtre, la galaxie d'andromède en plus petit et sans couleurs. Elle ne m'as pas donné envie de voir plus longtemps, comme pour le Cigard, j'ai été très étonné, mais de manière négative. Ce n'est pas lumineux, c'est moche, bref, rien pour plaire à un jeune comme moi ! 2/10
      - la galaxie des chiens de chasse ###Ciel moyen, pas de filtre, celle-là n'est pas à voir après un passage sur Jupiter ! Elle est ténu dis donc ! Mais avec un peu de patience... Oh ! Magie ! Des couleurs ! Oui, vraiment. Le bleu de M51, et le jaune de son compagnon. C'est quasiment à la limite des mes yeux, mais en comparant attentivement avec le fond de ciel, on distingue bien la différence de teinte. Les détails sont plus subtiles encore, mais présents ! Elle est bien jolie... Mais sombre. 6/10
      - l'Oeil de Chat ###Nuit correct sans plus, filtre OIII, un centre vers/bleu et turquoise transperçe le fond noir et ténébreux de l'espace, cette oeil, nous regarde. Elle n'est pas très impressionnante, les détails pas faciles à dicerner par sa taille, nécessitant de bonnes conditions. Mais on pourrait en faire tout un poème ! L'étoile au centre se parre de ses deux virgules plongeant dans un noir profond, quel contraste ! Elle à revoir de manière plus attentive... 6/10
      - NGC 6552 ###Nuit correct sans plus, filtre OIII, pas loin de l'oeil de chat se trouve cette petite "galaxie repère" me permettant de fixer mes records. C'est donc l'objet à la fois le plus sombre et le plus loin que j'ai pu voir en vision direct avec ses 14.6 de magnitude et 360 millions d'années lumière de distance ! Le tout dans une petite tachouille pas bien visible si il n'y avait pas le centre de la galaxie pour repère ! Voici donc ce que je dois battre ! 9/10
       
      J'espère que ce récit vous aura plut. Je pense que le dessin va être de plus en plus présent dans ma vie d'astronome. Je vais essayer d'en faire plus souvent et avec plus d'exactitude. Car même si ue caméra nous dévoile clairement les objets, c'est une image sans l'émotion de l'observateur.
       
      Bon ciel à tous !
    • By Guillaume BERTRAND
      Hello,
      J'ai enfin scanné les dessins de mes sorties de Septembre et Octobre, je peux donc (avec un peu beaucoup de retard) vous partager mes CROAs.
       
      NGC6751 - 5 Septembre 2021 - T406 f/4.3 -  Saint-Pazanne (44)
      Soirée compliquée ! J'avais prévu beaucoup (trop) de cibles extrêmes et au final beaucoup d'échecs et de déception. Un ciel pas assez noir, moins transparent que ce que j'imaginais et la fatigue cumulée durant la journée n'ont pas fait bon ménage. Bref histoire de ne pas rentrer bredouille je me suis rabattu sur une cible que je n'avais pas prévu : la petite nébuleuse planétaire NGC6751 située dans la constellation de l'aigle. La nébuleuse est perçue assez facilement sans filtre. Elle est petite, je pousse donc le grossissement à 742x. J'ai effectué quelques tests avec filtre OIII et UHC-S mais pas d'amélioration notable à ce grossissement. L'étoile centrale de magnitude ~15 est vue facilement. Une structure annulaire avec un trou assez petit est discernable. Je perçois difficilement quelques irrégularités dans l'anneau.
       

       
      NGC40 - 8 Octobre 2021 - T406 f/4.3 -  Saint-Gervais (85)
      Test d'un nouveau spot en Vendée à Saint-Gervais, au cœur du marais Breton. Qualité du ciel très correct, bonne transparence (T3) et assez peu de pollution lumineuse (P3). J'en ai profité pour observer pas mal de chose sans dessiné. J'ai notamment eu une magnifique vue de la galaxie M33 que j'aurais du dessiner.
      Au final j'ai eu le temps de dessiner que deux nébuleuses planétaires NGC40 et IC289 avant que mon télescope se retrouve complètement trempé à cause d'un taux d'humidité très fort ce soir là. NGC40 est très facile même sans filtre. Bien lumineuse. Etoile centrale vue. Forme annulaire ovalisée perçu facilement. Je note deux renforcements de chaque coté de la nébuleuse. A refaire avec un bon seeing qui était assez moyen lors du dessin.
       

       
      IC289 - 8 Octobre 2021 - T406 f/4.3 -  Saint-Gervais (85)
      Je pointe ensuite une cible un peu plus compliquée : IC289 Nébuleuse vue sans filtre à 218x. Le contraste est bien meilleur avec le filtre UHC-S. Forme annulaire perçue en vision décalée avec une zone plus sombre sur une portion de l'anneau. La nébuleuse m'apparait très légèrement ovalisée. Je n'ai pas réussi à voir la centrale. Peut être pas accessible à un T400 ? Je n'ai pas pris le temps de vérifier la magnitude.
       
      Bonne soirée !
      Guillaume
       
       
    • By S.Chapeland
      Tout a commencé comme ça hier midi:
       
      - Y'a éclipse de lune demain
      - Oh ?
      - Manque de bol, elle sera couchée...
      - Pas de problème, je connais un coin dans le Jura où on peut observer sous l'horizon
      - Mais ça caille là haut
      - M'en fout!
      - Avec du vent ...
      - Peuh !
      - Et même encore un peu de neige
      - Et alors ?
       
      Et donc, me voilà parti vers 19h pour le bivouac avec tout le bordel, au moins 20kg à monter sur 800m. Bonne bise en arrivant en haut, ça décoiffe et la vue est magnifique, ciel dégagé au dessus des basses couches de brume.
      Après une nuit confortable, dur de sortir du sac... mais ça en vaut la peine, les Alpes sont en feu, la lune se couche, la ceinture de Vénus descend doucement.
      Mise en marche du matos: une FS60 + ASI1600MC + firecapture pour les vues détaillées, un 7D + 70-300 pour la flexibilité, et une Gopro 10 pour le timelapse grand champ.
       
      On voit bien la petite baisse de luminosité due à la pénombre sur un bord.
      L'avantage au coucher, c'est qu'on a même pas besoin d'attendre la phase totale pour qu'elle soit rougeâtre !
      Extraordinaires effets optiques sur l'horizon avec ce bel anticyclone, la lune se déforme, se coupe, ondule, se reflète.
      Avec tous ces mirages, je gagne quelques minutes d'observation sur l'heure de coucher "officiel", et continue à la voir jusqu'à 6h48min UT, alors que son centre est 1°52' sous l'horizon géométrique.
       
      Bref, encore un grand moment d'astro dans une ambiance magique.
      Allez, finalement c'était une compensation sympathique faute de pouvoir aller aux RCE
       
      Profitez bien et bon week-end
      Sylvain
       

       

       
      côté pile, avec l'ombre du Mont Blanc à gauche de la lune

      côté face, un peu plus tard la même ombre sur le stratus

       
      Les petits films:
       
       
      Et les photos d'ambiance (suivez le lien):
       
       
      Et le reste des images (cliquez sur l'image pour ouvrir le lien vers la galerie)

       
    • By zirkel 2
      Sortie en mode nomade sur ma terrasse 😁 avec la Lunette Orion 80 ED sur sa monture AZ ES Twilight I, observation de Jupiter avec l'ombre d'Io légèrement au dessus de la BES à X85 (au Nikon NAV-SW 7 mm et RC à prisme APM 2").
       
      Ombre bien ciselée et noire, très bon contraste des bandes équatoriales et assombrissement des pôles... superbe image dans les accalmies de la turbulence, X85 maximum 🤔
       
      19h28 HL : fin du transit de Io, sortie du disque Jovien.
    • By BobSaintClar
      Bonjour à tou(te)s,
       
      Comme précédemment, je reproduis ici un post initialement rédigé à l'intention du groupe Jumelles, puisqu'il s'agit d'un Compte-rendu de soirée d'observation strictement visuelle
      C'est parti !
       
      Amis big et binaires, bonjour !
       
      Cela fait trop longtemps que je n'ai pas croassé dans ces colonnes : la faute à un été chargé (tant dans le ciel qu'à domicile), à un virus persistant (annulation de star-parties) et à la présence d'un méchant poil dans ma main droite.
      Mais une belle nuit d'observations récente - elle date du vendredi 5 novembre - me permet de corriger cette sinistre incurie :
       
      Or donc, hier au soir, mes jumelles et moi nous sommes rendus sur une sorte de terrain vague situé dans la moyenne montagne de la ville de Nagano, à quelque 1h30 de route de mon domicile : j'ai visé un nouveau spot, populaire depuis quelques mois déjà, ce qui promettait d'attirer d'autres pervers noctambules. A mon arrivée, la nuit s'annonçait belle mais frisquette puisqu'en effet, la température est vite descendue dans la cave : vers 23h, du givre a commencé à se déposer un peu partout et nous avons taquiné les -6 au petit matin... mains n'anticipons pas.
       
      Sur place, je dirais qu'une bonne trentaine d'amateurs étaient installés. Coté matos, il y avait l'habituelle domination des lunettes et coté astrams, l'inévitable domination des photographes ; les deux sont évidemment liés. Nous n'étions que deux à faire du visuel, moi avec mes APM150 et mon voisin - hasard du placement des gens, nous ne nous connaissions pas - avec un Dobson Ninja 400 et un binoscope formé de deux lunette Borg 125ED. Ce dernier bouzin m'a immédiatement tapé dans l’œil : de 125 à 150mm, sur le ciel, allait-on voir une grosse différence ? *
       
      Je vous ai fait une petite photo souvenir, pose unique de 30s enregistrée en Jpeg (parce que je n'ai pas vérifié avant de shooter, bien sûr), donc anormalement dégueulasse même selon mes critères...

      (en mode petite planète, on est moins exigeant sur le résultat)
       
      Je vais me concentrer sur les observations et les éventuels évènements marquants, plutôt qu'à m'épancher sans fin sur M31, M42 ou le double amas. Vous connaissez sans doute tous les objets que j'ai visé, concentrons-nous donc sur les surprises (bonnes ou mauvaises) et passons au présent de narration.
       
      Le premier tiers de la nuit est perturbé par des nuages épars et une brume tenace, au grand dam des photographes réduits à l'impuissance. Mon voisin et moi pouvons, au moins, viser dans les trous... J'ai donc pu voir, de 7h à 10h30 - heure à laquelle les derniers brouillards se sont dissipés :
       
      - La nébuleuse Helix, bien visible sans filtre, pâle, avec sept ou huit étoiles en surimpression. Elle est grosse, facile à trouver, avec une forme évidente mais qui n'offre pas de détails (à mon diamètre). On la voit évidemment mieux en filtrant mais dès lors, une seule étoile (!) survit au traitement.
      - M15, globulaire dans le petit cheval (oui c'est décousu, puisque je vise dans les trous) : c'est un amas très sympa dans mes binos parce qu'il est proche de la limite et semble doubler de taille quand on regarde à coté. D'ailleurs, en vision mono,  je le perçois granuleux, avec un centre. A 150mm, il n'est bien résolu qu'en bino.
       
      Une dizaine de cibles en l'espace de quatre heures, c'est peu ! J'ai tué le temps en tapant dans mon litron de vin chaud (y'a pas d'heure) et en visitant mes pairs, notamment mon voisin qui m'a présenté son matos. Il avait de l'exotique, coté oculaires. D'ailleurs, des Masuyama 32mm 85° installés sur le binoscope Borg n'attendaient que mes deux yeux pour briller
       
      Un peu avant 11h, branle-bas-de-combat : les choses sérieuses peuvent débuter. En avant pour le marathon, messieurs !
      Je vous proposer de nous arrêter sur :
       
      - NGC 281 : un nébuleuse en émission dans Cassiopée, de belle taille apparente. Ardue à trouver sans filtre, elle apparaît facile et montre des détails marqués à l'UHC.
      - NGC 7789 : cette rose (amas ouvert) est vraiment enchanteresse aux grosses jumelles (84x). Oui, c'est du réchauffé... mais du bon, comme le Cassoulet : plus que tu recuits, meilleurs que c'est !
      - M1 : ça donne quoi, dans mon machin ? Avec ou sans filtre, on la voit bien, avec des formes générales qui rappellent ce qu'en montrent les photographes, mais sans les détails qui font tout son charme (les filaments) : pour ces derniers, 150mm, c'est un poil juste !
      - California : j'ai deux filtres H-Beta qui m'ont coûté un rein (pratiques, ces organes en double, ça promet de beaux achats futurs), c'est le moment de les sortir ! A 28x, la nébuleuse se détache bien sur un fond très sombre. Elle est longue, courbée, formée de deux grandes traînées claires et parallèles qui présentent des nuances fugaces, mais bien réelles. Sans filtre, quel que soit mon choix d'oculaires, je ne devine qu'une vague écharpe laiteuse qu'on pourrait facilement zapper : c'est bien parce que je sais qu'elle est là...
      - M38 + NGC 1907 : les amas ouverts, toujours beaux aux jumelles, sont vraiment magnifiques lorsqu'ils sont en couples. Plutôt que de citer tous ceux que j'ai ciblé cette nuit, je préfère en garder deux en exemple (l'autre est le binôme M35 + Ngc 2158, dans les Gémeaux) : M38 est d'autant plus spectaculaire que son voisin est vraiment riquiqui, en comparaison ! Pourtant, à mon diamètre, les jumelles le montrent granuleux, partiellement résolu. L'image proposée à 84x est vraiment mémorable. C'est une cible qui m'aura valu quelques exclamations enthousiastes, de la part de ceux qui m'auront visité en cours de nuit !
      - Barnard 33, alias le sombre canasson : aperçu il y a plus de 20 ans au Restefond, avec une lunette de 150 et filtre H-Beta, allais-je rééditer l'exploit ? Cette fois, le ciel n'est pas à la hauteur : il est correct, nous sommes en montagne, mais le halo un zeste envahissant de la plaine et de la lointaine capitale du Japon me permettent de le jauger : un filet de brumasse persiste, à moins que ce ne soient des nuages d'altitude ? En hiver, lors des meilleures nuits, la pollution lumineuse est bien moins présente, faute d'aérosols : la voie lactée est dominante, les étoiles ont du pep's ! Mais rien de tel aujourd'hui : ce n'est pas une nuit pour aller chasser du Globule (no offense, Philippe), fut-il célèbre, nous narguant, déjà haut dans le ciel...
      Mais j'ai des jumelles : 150mm, ok, mais 2x150. Ca se tente ! Et bien m'en prend : à 28x, filtres H-Beta Astronomik en place, le contraste est propulsé juste assez haut pour que l'échancrure équine se dessine, à la limite, difficilement, là où elle est censée être.
      Le voisin est sur le cul : il n'a jamais vu cet objet, faute de filtres adaptés (ses OIII ne peuvent rien y faire). Le découvrir, de surcroît dans des jumelles , est pour lui une belle (et double) surprise ! Par curiosité, nous utilisons mon filtre pour tenter de retrouver le bourrin au Ninja 400 : bonne pâte, il se montre à nouveau. Toujours aussi rétif, aussi fugace, mais plus gros. Nous passons ensuite au binoscope Borg : j'ai deux filtres, pourquoi se priver ? Las : 125mm, ce n'est plus assez. Cette fois, un ciel extrême semble nécessaire. Cet échec m'anime secrètement d'une infâme schadenfreude (la faute au vin chaud, c'est un peu allemand aussi, non ?) : ouf, l'honneur est sauf, mes jumelles ont terrassé l'insolente concurrente... Merci Barnard ! De fait, sur d'autres objets (notamment M33 et M42, pourtant forts différents), nous avions déjà fait ce constat, qui sonnera comme une évidence à vos oreilles savantes : 150mm, c'est plus mieux que 125. J'en profite pour préciser que les oculaires Masuyama 32mm, montés sur le binoscope Borg et donnés à 85° de champs apparent, m'ont déçu : ils délivrent une image propre, mais les 85° sont aux abonnés absents. Déjà, la bonnette intégrée ne permet pas à l'oeil d'englober tout le champs disponible, loin s'en faut (je dirais qu'on bute à 70°, au mieux) ; ensuite, si vous retroussez ladite bonnette (ce que j'ai fait), l'oeil s'approche mais se produit alors un "effet tunnel" : un contour noir apparaît et s'épaissit à mesure que votre pupille s'approche de la lentille frontale. J'ai déjà vu ce phénomène avant, il est typique sur des lunettes à long rapport F/D mais là, les Borg sont à 6,4. J'imagine donc qu'elles sont hors de cause, sauf à posséder un bafflage interne des plus restrictif... J'aurais dû essayer ces Montagne Masu sur mes jumelles, pour en avoir le coeur net !
      - Le casque de Thor : j'ai été agréablement surpris par l'image qu'en donnent mes jumelles, avec et sans filtre. J'ai bien observé cet objet dans le passé, notamment avec mon Dob500, j'ai donc une bonne idée de ce qu'il montre dans un gros instrument. Mais à 150 ? Et bien il est facile, évident, déjà inhomogène sans filtre et présentant ses deux cornes dès lors que je mets les UHC. J'ai hâte de le revoir sous un ciel de compet'.
      - M46 : Cet ouvert abrite une nébuleuse planétaire que les 150ED dénichent sans forcer. Sans filtre, l'amas est riche d'étoiles pêchues qui ne cachent pas pour autant leur petit trésor, immédiatement visible comme une petite tache ronde. A travers les UHC, l'amas est à la diète : il perd trop d'étoiles pour mériter d'être vu, mais la planétaire devient dominante. On a deux spectacles pour le prix d'un
       
      Et pour conclure cette liste somme toute banale, je vous propose de l'exotique, de l'inédit, du beau gibier qui va vous changer du tout-venant : une comète.
      Quelle comète ? Allez, je vous aide : dans les Gémeaux, presque au zénith, bien visible et contrastée, aux alentours de la magnitude 10...
      Non ?
      67P/Churyumov-Gerasimenko, m'enfin !
       
      Maintenant, si vous croyez que j'ai prévu cette observation de longue date, vous me connaissez bien mal : je suis tombé dessus par hasard. Voyant ce que j'ai cru être une galaxie là où il n'y en a pas (pour mon instrument), j'ai recherché son matricule sur la carte céleste de mon mobile... pour découvrir qu'il s'agit, donc, d'une comète ! Du coup, je me suis plus qu'attardé, d'autant que mon voisin - tout aussi surpris que moi - s'en est mêlé, ravi d'avoir un astre vagabond à cibler. A 84x, Churyumov-Gerasimenko (y pourraient pas s'appeler Dupont-Lajoie, c'est trop demander ?) est toute mimi, avec un noyau quasi ponctuel entouré d'une coma qu'on devine large et déformée par la présence d'une courte queue - remarquée en vision décalée - orientée vers l'ouest.
       
      Voilà ! Quelques évènements annexes ont agréablement pimenté la soirée :
       
      - J'ai partagé mon vin chaud avec le voisin. Le litre y est passé, nous avons dû boire à peu près la même dose, c'est une belle égalité.
      - Dans la nuit, nous avons été dérangés par deux tanuki (les ratons-laveurs du cru, quelque part entre le renard, le chat persan et l'ours) et un cerf, un vrai, qui a semé un bref moment d'incertitude (on ne panique pas facilement, au Japon) en traversant le parking et ses instruments comme si nous n'étions pas là
       
      Et pour conclure ?
      Le WE prochain, je remets ça. Il y a une star-party - la seule maintenue cette année - que je n'entends pas manquer.
      En plus, mon voisin viendra !
       
      Je pense qu'il en veut à mon pinard...
       
      (*) Spoiler alerte : oui
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