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Bien qu'il soit un scientifique, rationnel et systématique dans ses actions, Hawking n'échappe pas à quelques contradictions quant à sa méthode de travail et l'image qu'il en donne au public. Il reste imprégné par sa culture et ne parvient pas à se libérer de quelques démons. Voyons cela en détail. Un Univers sans Dieu Il y a tout d'abord les positions de Hawking par rapport à d'autres hommes célèbres comme Einstein pour citer celui avec lequel tous les médias l'on comparé, à juste ou à tord. Pour se différencier de sa philosophie et renforcer la valeur de ses arguments par rapport à ceux d'Einstein, Hawking veut répondre aux questions métaphysiques sur lesquelles son ailleul ne s'est jamais étendu.
Cette méthode est la manière logique dont la science doit fonctionner, déplaçant progressivement le trône de la science illuminé du ciel par celui de l'autorité scientifique observant le ciel d'un oeil scrutateur et interrogateur. Comme Hawking s'aligne ostensiblement aux côtés de Galilée contre le dogme catholique et auprès des théoriciens quantiques contre le "théisme" d'Einstein qui soutient l'existence d'un Créateur Suprême, Hawking développe un méta-récit cosmologique le protégeant à la fois de l'intérieur et de l'extérieur de ses ennemis. Si ce cadre philosophique l'expose aux frais des critiques populaires et de celles des intellectuels dont les philosophes et les théologiens, c'est un excellent support de vente qui a fait dire à Hawking qu'il aurait réduit ses ventes de moitié s'il avait supprimé la dernière phrase de son livre. Il veut demeurer du côté scientifique de la ligne de démarcation entre science et religion et c'est pourquoi il continue à promouvoir sa théorie de l'univers sans bord qui évolue dans un temps imaginaire, ayant même annoncé en 1995 qu'il proposait des prédictions testables pour valider ses thèses et définitivement soustraire la cosmologie de l'emprise de la religion. Mais paradoxalement, tout en cherchant à tout prix à éluder l'intervention divine, Hawking se prend pour l'instrument de Dieu voir Dieu personnifié. Hawking n'est pas à une ambigüïté près et révèle toute l'anxiété et la complexité de son personnage. Son ex-femme Jane Hawking, disait lors d'une interview accordée en 1988 au "Guardian" de Manchester (9 août 1987), que son rôle dans leur mariage avait été de "simplement dire à Stephen qu'il n'était pas Dieu".
Cela participe également à la personnalité de Hawking qui contrôle son "spectacle" de manière à soit se marginaliser, soit se glorifier à l'image de Dieu en termes choisis. L'anxiété du cyborg Nous avons brièvement évoqué l'idée de cyborg - à ne pas confondre avec les androïdes (de pures robots à visage humain) - que véhiculait au sens propre comme au figuré l'image de Hawking. Aussi étonnante qu'elle soit, elle apparaît principalement chez les adolescents, fortement influencés par la science fiction. Comme nous l'avons vu, certains journaux satiriques tel "The Onion", vont même jusqu'à le représenter comme une simple tête portée par un exosquelette de métal quelque peu agressif. Je ne suis pas sûr que l'image présentée ci-dessous soit très flatteuse pour l'intéressé, même s'il apprécie la science-fiction.
Quand on connaît un peu la philosophie de Hawking, il est évident qu'il affiche une certaine pudeur voire de l'inconfort à parler de son infirmité et du dispositif qu'il est obligé d'utiliser pour survivre et converser. Dans son livre "The Cyborg Handbook" publié en 1995 sous la direction de Chris H. Gray, Jennifer Gonzales discute de l'évolution des prothèses dans une perspective technologique futuriste. De son côté, Rosemarie G. Thomson a publié "Extraordinary Bodies" en 1996 dans lequel elle discute du statut culturel des personnes handicapées. Dans leurs analyses respectives, les deux auteurs partagent les mêmes réflexions et notent que l'idée que l'on se fait d'un corps invalide par rapport au corps d'un cyborg reflète les anxiétés sociales, nos peurs et nos désirs face à l'image classique du cyborg, le robot doué d'intelligence mais privé de sentiments. Pour Thomson, toutes les personnes souffrant d'infirmité expriment une "fusion illégitime" entre les catégories culturelles considérées comme "normales" et qui qualifient les gens d'"humains", et les "anormales" qui leur dénient ce statut. Dans le cas d'Hawking cependant, on a l'occasion d'observer que la personne handicapée/cyborg est elle-même et tire profit de cette double identification. L'auteur conclut que dans le cas de Hawking, bien que sa culture résiste à l'associer au cyborg, il participe à cette association en affichant les mêmes anxiétés. Il se présente également lui-même comme un génie handicapé tirant sa volonté de vivre du bénéficie que lui procure son fauteuil roulant, son deuxième corps, sans lequel il ne "vivrait" pratiquement plus. Ainsi que le prouvent toute la littérature et les films mettant en en vedette l'infirmité physique, le personnage handicapé est invariablement isolé dans la perspective des gens "normaux" et qu'il soit gentil ou méchant, son visage est statique, sans expression. A quelques rares exceptions où le personnage est porté vers la lumière, l'infirmité est considérée comme une curiosité de foire qui renforce l'idée que la plupart des personnes handicapées sont anormales et incapables de fonctionner comme les autres.
Comme vous le savez, il n'hésite pas à se manifester contre des causes qu'il estime injuste (manque de charité, guerre, etc). Dans les années '70 il a été franc, particulièrement contre la ville et l'Université à Cambridge, au sujet de la nécessité d'adapter les lieux publics aux handicapés, les condamnant souvent à l'isolement et il s'est battu pour qu'on ne le caractérise pas en ces termes. Grâce à ses efforts il fut nommé "L'Homme de l'Année 1979" par la Royal Association for Disability and Rehabilitation (RADAR). A la même époque il refusait toute réflexion ou de discuter de sa "condition" comme il dit, et disait à qui voulait l'entendre, et en particulier dans la biographie écrite par Gribbin et White combien il menait une vie "normale" avec sa femme et ses enfants, son fauteuil roulant et son système vocal n'étant que de simples "aides" pour l'aider à "surpasser ses déficiences physiques". De telles attitudes l'ont identifié avec l'idée que la personne handicapée et ses avocats doivent dénoncer cette charité instrumentalisée les considérant comme des êtres inférieurs. Au contraire, Hawking a prouvé qu'on pouvait surmonter son handicap et approcher la pleine humanité. En fait Hawking serait très mal à l'aise s'il lisait la réflexion de Thomson qui dit qu' "une célébration du corps postmoderne implique l'identification du fauteuil roulant avec la personne même". Cette idée est fortement ancrée chez les éditeurs et les fabricants de jouet qui n'hésitent pas à se servir de l'image de Hawking pour vendre leur magazine. C'est ainsi qu'en Angleterre, Real Robots présente sur un pied d'égalité Stephen Hawking et Terminator comme en témoigne les illustrations présentés ci-dessous.
Cela dit, le fauteuil roulant de Hawking est son synthétiseur vocal font aujourd'hui partie intégrante de son identité. Sans ses prothèses, ce ne serait plus le Dr Stephen Hawking sous-entend Sandy Stone dans "The Cyborg Handbook" quand elle écrit "Hawking ne s'arrête pas à Hawking aux extrémités de son corps visible". Hawking a bel et bien une attitude ambivalente à propos de son identité cyborg. Il se révèle semblable à un "outil high tech" quand il se présente lui-même à la télévision auprès d'androïdes comme Data (Star Trek, TNG) ou dans son rôle de promoteur de la dernière technologie de BT ou d'U.S.Robotics. Et il insiste clairement sur le fait qu'il a dépassé ses limitations physiques, vivant réellement sa vie, physiquement et en esprit, rejoignant l'idée exprimée par feu Christopher Reeves, Superman, qui fit une publicité assez spectaculaire pour la recherche en neurosciences et en cybernétique afin de vaincre son handicap physique. Malheureusement il ne connaîtra jamais la fin de l'histoire. Cependant, Hawking est finalement aussi gêné qu'embarrassé par son image de cyborg handicapé par son infirmité. Son insistance à vouloir être considéré comme un être humain à part entière ne fait que résoner encore plus fort cette vibrante et double identité. Dernier chapitre L'isolement social et la déshumanisation
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