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Les missions spatiales

La sonde spatiale Cassini-Huygens approchant de Saturne. Document T.Lombry.

L'exploration du système solaire (II)

Depuis 1969, année qui vit le débarquement de l'homme sur la Lune, l'exploration spatiale n'a cessé de nous émerveiller et de nous dévoiler le véritable visage des membres du système solaire. Passons brièvement en revue les différents missions qui ont été organisées vers ces différents astres. Vu l’étendue du sujet, nous détaillerons cette merveilleuse aventure dans le dossier consacré au système solaire.

Moyen de propulsion

Comment sont propulsées et alimentées les sondes spatiales ? Si les sondes spatiales sont équipées de moteurs plus ou moins puissants reconnaissables au  cône de leur moteur-fusée situé soit à l'arrière de la sonde soit sur les côtés, ils ne servent pas tous à les propulser. Une sonde spatiale est d'abord littéralement catapultée dans l'espace par une fusée. Dans le cas des sondes Voyager par exemple, elles bénéficiaient d'une impulsion initiale de 35 km/s mais qui les maintenaient toujours sous l'emprise gravitationnelle du Soleil. Comme la plupart des sondes spatiales, elles disposaient donc de petits moteurs-fusées à hydrazine (ou hydrazine er peroxyde d'azote comme dans le cas de Cassini-Huygens) mélangé à de l'hélium pour corriger leur trajectoire. Mais à eux seuls, s'ils permettent d'effectuer des manoeuvres orbitales, ils ne permettent pas à ces vaisseaux spatiaux d'explorer le système solaire pendant plus de 40 ans. Nous verrons qu'ils ont bénéficié d'une autre assistance.

D'autres sondes spatiales disposent de leur propre moteur électrique (ionique). C'est le cas des sondes spatiales DeepSpace 1 (DS1), Parker Solar Probe et des futurs sondes d'exploration du programme Discovery de la NASA qui seront équipées du moteur NEXT. On y reviendra à propos des moyens de propulsion. Seul inconvénient, ces sondes disposent d'une réserve limitée de carburant qui généralement vient à manquer bien avant la panne électrique.

Alimentation électrique

L'alimentation électrrique des sondes spatiales est soit assurée par des panneaux solaires comme c'était le cas de la plupart des sondes orbitales ayant visité Mercure, Vénus et Mars et comme c'est encore le cas de la sonde spatiale Juno qui survole actuellement Jupiter, soit elles sont alimentées par un générateur thermoélectrique à radioisotopes, RTG en abrégé. Ce dernier fut notamment utilisé par les sondes spatiales Pioneer, Voyager, Viking, Cassini et New Horizons ainsi que sur certains modules ou instruments utilisés sur la Lune (LEM et ALSEP) et sur Mars dont le rover Curiosity. Ce système utilise un élément radioactif comme le plutonium 238, l'américium 241 ou le polonium 210 qui développe 567 W/kg dans le cas du plutonium. Il existe bien un radionucléide plus efficace comme l'oxyde de curium (Cm2O3) qui développe 2.27 kW/kg, mais il émet des neutrons indésirables qui exigent un blindage dix fois plus lourd qu'un RTG à base de plutonium. Selon la NASA, le plutonium 238 reste l'isotope le plus efficace et le plus simple à contrôler bien que cette solution ne soit jamais sans risque.

Le système d'alimentation électrique RTG de la sonde spatiale New Horizons qui visita Jupiter, Pluton et bientôt la Ceinture de Kuiper. Documents NASA.

Le plutonium 238 n'est pas utilisé par les militaires mais uniquement dans quelques rares applications civiles, d'où son prix élevé. Le système RTG comprend une source de chaleur contenant du dioxyde de plutonium 238 (PuO2) et un ensemble de thermocouples à semiconducteurs qui convertit cette chaleur en électricité. La puisssance thermique (P) générée par un RTG dépend de la période ou demi-vie (T) du radionucléide et suit une loi en puissance : P = Po x0.5(t/T). Elle dépend aussi du rendement des thermocouples. Pour 4.8 kg de dioxyde de plutonium 238, le système RTG du rover Curiosity par exemple produit 2000 watts de chaleur et 120 watts d'électricité, garantissant au robot de disposer de 2.5 kWh par jour pendant au moins 680 jours. En général, les missions sont beaucoup plus économes et ces robots survivent parfois plus de dix ans.

Etant donné que la demi-vie du plutonium 238 est de 87.7 ans, en embarquant quelques kilos de plutonium et en utilisant des appareils très économes en énergie, les sondes spatiales peuvent assurer des missions de plusieurs décennies avant que le niveau d'énergie ne permette plus de maintenir leurs activités et qu'elles s'éteignent définitivement. C'est ainsi que les sondes spatiales Voyager lancées en 1977 seront toujours opérationnelles jusqu'en 2020, la puissance de leur RTG tombant en dessous de 300 W/kg au bout de 40 ans. A cette date, elles seront encore animées d'une vitesse de l'ordre de 15 km/s.

Reste à résoudre le problème de la durée de ces missions et des changements de trajectoires. A la vitesse de 15 km/s, il faudrait des décennies pour faire le tour du système solaire. Avec un moteur électrique NEXT à base de xénon, on pourrait atteindre des vitesses entre 50 et 89 km/s. Quant aux changements de trajectoires, l'hydrazine est suffisante pour assurer de petites corrections de trajectoires pendant quelques décennies (cf. les sondes spatiales Voyager) mais jamais pour effectuer des sauts de planètes en planètes ou faire une excursion vers leurs différentes lunes. Quant au moteur électrique, il fonctionne avec des panneaux solaires. En résumé, chaque solution présente des contraintes : soit il faut embarquer du carburant (hydrazine et/ou xénon) en quantité limitée soit l'usage des panneaux solaires limite les distances accessibles à environ celle de Pluton et la sonde doit restée exposée au Soleil pour garantir un niveau suffisant d'énergie.

Bref, si on veut faire rapidement le tour du système solaire (en moins de dix ans voire une génération), il faut trouver le moyen d'accélérer le vaisseau spatial et le faire changer de trajectoire sans trop consommer ou sans consommer du tout de carburant. C'est ici qu'intervient une notion fondamentale en mécanique spatiale, l'effet de fronde ou d'assistance gravitationnelle sans lequel l'exploration du système solaire serait beaucoup plus compliquée, longue et onéreuse.

L'effet de fronde gravitationnelle

Comment modifier la trajectoire et la vitesse d'une sonde spatiale sans consommer d'énergie ? Telle était la question que se posèrent les ingénieurs de la NASA et du JPL au début des années 1960.

Il faut tirer profit de l'effet de "fronde gravitationnelle" leur répondit le mathématicien Michael Minovitch (dont voici le site web) de l'UCLA. En effet, en 1961 les ingénieurs du JPL où Minovitch était stagiaire s'étaient rendu compte qu'une mission dans le système solaire durerait des années en raison des distances incommensurables que les sondes spatiales devaient parcourir. Une mission vers Saturne par exemple durerait plus de trois ans et une fois lancée il n'y avait aucun moyen d'infléchir la trajectoire de la sonde sans consommer du carburant.

A gauche, les trajectoires des sondes Pioneer 10,11 et Voyager 1 et 2 assistées par l'effet d'assistance gravitationnelle. Au centre, les changements de vitesses subis par la sonde spatiale Voyager 2 suite à l'effet d'assistance gravitationnelle. Passée Jupiter, sa vitesse héliocentrique dépassa la vitesse de libération et elle s'est affranchie de l'attraction du Soleil. A droite, la trajectoire suivie par la sonde Rosetta pour rejoindre la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Document NASA adapté par l'auteur, NASA adapté par l'auteur et WSJ.

Il était donc impensable de visiter Vénus et Mercure ou une planète et une comète au cours de la même mission ou profiter d'un alignement planétaire comme il s'en produit régulièrement pour visiter par exemple Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune au cours de la même mission.

A l'époque, cela signifiait qu'il fallait envoyer une sonde spatiale vers chaque astre et donc multipler le budget de l'exploration du système solaire, une solution peu réaliste à long terme.

C'est alors que Minovitch eut l'idée de profiter de l'attraction gravitationnelle des planètes pour accélérer les sondes spatiales et modifier leur trajectoire sans consommer la moindre énergie. Mais pour prouver que cette solution était viable, il devait trouver un ordinateur assez puissant pour effectuer ses simulations.

A l'époque de ses premiers travaux, Minovitch disposait du tout nouvel IBM 7090 de l'UCLA, un mainframe transistorisé de 2.8 millions de dollars dont l'exploitation était facturée 1000$ l'heure de CPU.

Bien que doctorant et n'ayant pas encore fait ses preuves, l'UCLA donna une chance au jeune Minovitch alors âgé de 26 ans qui mis tout son talent et son temps pour trouver une solution à ce problème.

A mesure que le nom des planètes et des nombres s'alignaient sur les listings, il découvrit une solution permettant à une seule sonde spatiale de visiter plusieurs astres du système solaire en profitant de l'effet de l'assistance gravitationnelle. Ses calculs démontrèrent que cet effet pouvait s'appliquer à l'infini.

L'effet d'assistance gravitationnelle. La sonde spatiale approche une planète sous un certain angle et une vitesse U. La composante de la vitesse perpendiculaire à la trajectoire reste inchangée mais gagne 2U dans la direction parallèle au déplacement de la planète. En d'autre terme, l'attraction de la planète permet à la sonde spatiale de quitter l'astre sous une autre trajectoire et à une vitesse supérieure à celle de son arrivée. Documents Egglescliffe School.

Aussitôt que son idée fut approuvée, les ingénieurs du JPL l'appliquèrent à la sonde Mariner 10 qui survola Vénus en 1973 puis Mercure en 1974 puis aux sondes Pioneer 10 et Pioneer 11 qui visitèrent Jupiter fin 1973 et Saturne en 1979 ainsi qu'aux sondes Voyager 1 et 2 à partir de 1977, à la sonde Ulysse en 1990, à la sonde Rosetta qui bénéficia de l'assistance gravitationnelle de la Terre et de Mars pour rejoindre la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko en 2014 qui évoluait à 55000 km/h (15 km/s) et enfin la sonde New Horizons qui bénéficia de l'assistance gravitaionnelle de Jupiter pour changer de direction et rejoindre Pluton pratiquement en ligne droite à plus de 49000 km/h. On y reviendra.

Le Soleil

Honneur au Roi Soleil, source de toute vie (ou presque) ici bas. Première mondiale, en 1990 l'ESA en coopération avec la NASA envoyèrent la sonde Ulysse survoler les pôles du Soleil. Ingénieuse stratégie, elle fut lancée vers Jupiter dont elle photographia le pôle Nord après un périple de 17 mois, avant de recevoir le coup de fouet gravitationnel qui lui permit de traverser le plan de l'écliptique et de rejoindre le Soleil en 1994-1995.

Dans le cadre du Plan Horizon 2000 de l'ESA, deux autres satellites furent lancés à destination du Soleil; SOHO en 1995 et TRACE en 1997. Leur mission consista à observer en détails notre étoile, d'étudier "in situ" le vent solaire, autant d'informations qui seront mises en rapport avec les données de futures missions “à la Cluster”. La mission Genesis de la NASA prit ensuite le relai en 2001 collectant des échantillons du vent solaire afin d’effectuer une analyse quantitative des constituants du Soleil.

A consulter : Missions Active - By Target - By Type, NASA

A gauche, une protubérance longue de 325000 km vue par SOHO le 27 août 1997. A droite, une protubérance apparue le 14 septembre 1997 et une éruption dans le raie UV de 195Å vue par TRACE le 15 juin 2000. Documents ESA, SOHO, TRACE et T.Lombry.

Enfin, en 2018 la NASA enverra la sonde spatiale Parker Solar Probe explorer le Soleil. Notons que son nom rend hommage à l'astrophysicien Eugène Parker qui développa l'étude de l'astrophysique solaire et décrivit le vent solaire (cf. la spirale de Parker).

La sonde spatiale Parker devrait s'approcher jusqu'à 6.2 millions de kilomètres de la "surface" de la photosphère où elle subira une chaleur et des rayonnements qu'aucune sonde n'a expérimenté à ce jour. La sonde spatiale effectuera au moins 7 révolutions autour du Soleil jusqu'en 2024 à la vitesse de 724000 km/h soit 201 km/s. Elle devra supporter une température supérieure à 1400°C (plus de 800000 K mais dans un milieu raréfié contenant 1 million d'atomes/cm3) et résister à un niveau d'énergie de 649 kW/m2, un vent solaire constitué de protons animés d'une vitesse pouvant atteindre 600 km/s et des éjections de matière coronales (CME) atteignant régulièrement 1000 km/s et exceptionnellement 2900 km/s !

La sonde spatiale devrait d'abord survoler Vénus le 28 septembre 2018 avant de passer à 35.7 R soit 24.8 millions de kilomètres du Soleil le 1 novembre 2018 et au périhélie à 9.86 R soit 6.86 millions de kilomètres du centre du Soleil le 19 décembre 2024.

Les satellites SOHO (gauche) et Parker Solar Probe (droite). Documents ESA/T.Lombry et JHUAPL/T.Lombry.

Solar Probe Plus étudiera la couronne solaire, c'est-à-dire son atmosphère externe, un milieu instable et méconnu à l'origine du vent solaire et des CME qu'il est nécessaire d'étudier à la source. Cette région libère des millions de tonnes de matière magnétisée à des vitesses de plusieurs millions de km/h qui peuvent à l'occasion atteindre la Terre. Etudier la couronne solaire et en particulier ses mécanismes magnétiques apporteront des renseignements précieux qui permettront aux astronomes d'améliorer les prévisions du temps spatial dont les effets peuvent avoir des conséquences sur Terre, y compris sur la santé des astronautes et de façon générale sur tous les organismes vivants.

Mercure

Mercure intéresse très peu les astronomes. Perdue dans la chaleur du Soleil, elle ne reçut la visite que d'une seule sonde spatiale, Mariner 10 en 1974 à qui nous devons toutes les images de cette planète qui ressemble comme une goutte d'eau à la Lune.

La sonde Messenger lancée en 2004 fut en orbite autour de Mercure à partir de mars 2011 et dura plus de 4 ans. La sonde spatiale s'écrasa sur sa surface le 30 avril 2015.

Vénus

Illustration de la sonde spatiale Venus Express en orbite autour de Vénus. Document T.Lombry.

Après la Lune, c'est Vénus qui reçut le plus de visites : 41 sondes spatiales. Parmi les missions les plus importantes, la navette spatiale américaine y envoya la sonde Magellan en 1989.

Les Japonais envoyèrent également une sonde spatiale explorer Vénus en 1995 mais ce fut un échec. Dans la foulée, le lancement du satellite gamma Hete échoua également et la première fusée Ariane 5 explosa en vol en 1996 (Vol 501). L'exploration planétaire s’est malgré tout poursuivie.

Une troisième sonde baptisée Venus Express fut lancée par l'ESA en 2004 et réussit sa manoeuvre d'insertion autour de Vénus en avril 2006. Sa mission s'acheva en décembre 2014 lorsque la sonde fut à cours de carburant et s'écrasa sur la surface de Vénus.

Les astéroïdes

En 1991, avant d'atteindre Jupiter, la sonde Galileo eut l’occasion de photographier l'astéroïde Gaspra et Ida en 1993. Deux ans plus tard la mission Near-Shoemaker photographia avec succès Mathilde avant d’atterrir sur Eros en 2001.

Si le succès de la mission Near dépassa toutes les espérances, celui de la sonde Hayabusa fut encore plus spectaculaire bien qu'il se fit dans l'indifférence quasi-générale. En 2004, la JAXA japonaise envoya une sonde automatique et totalement autonome explorer le petit astéroïde Itokawa mesurant 630 m de longueur situé à 290 millions de km de la Terre. Le module Minerva y préleva des échantillons et revint les déposer sur Terre en juin 2010.

En 2007, la NASA envoya la sonde spatiale Dawn, propulsée par un moteur ionique, explorer les astéroïdes Vesta (2011) et Cérès (2015) tandis que la sonde Osiris-REx s'envola en 2016 explorer Bennu dont l'arrivée est prévue en 2018. Bennu est un astéroïde carboné de 500 m de longueur potentiellement dangereux pour la Terre (PHA) qui orbite à moins de 1.3 UA du Soleil. Sa surface sera cartographiée et un spectromètre thermique analysera ses émissions pour évaluer l'effet Yarkovsky (une absorption de l'énergie solaire qui réchauffe sa surface et produit une lente déviation du grand axe de son orbite). Un échantillon sera également ramené sur Terre en septembre 2023 pour éventuellement développer des contre-mesures adéquates si Bennu présentait un réel risque d'impact (la solution la plus simple serait de le dévier de sa trajectoire).

A gauche, Gaspra (19x12x11 km) photographié par la sonde Galileo le 29 octobre 1991 à 5300 km de distance. Au centre et à droite, Eros (33x13x13 km) photographié par la sonde NEAR en 2000. La résolution atteint 4.5m/pixel sur l'image de droite. Documents ASA/JPL/USGS et NASA/JPL/NEAR.

Les comètes

En 1998, la NASA franchit un nouveau pas en lançant la petite sonde Deep Space 1, la première représentante du programme révolutionnaire New Millenium.

DS1 fut emblématique car elle démontra qu’il était possible d’allier dans la prochaine génération de sondes d’explorations une douzaine d’innovations technologiques pour un faible coût, dont une propulsion plus performante (électrique et non plus chimique), une microélectronique encore plus miniaturisée et une meilleure autonomie permettant à ce type de sondes d’opérer plus longtemps sans recevoir d’instructions détaillées de la Terre.

DS1 visita les astéroïdes McAuliffe et Braille en 1999, passa au large de Mars en avril 2000, visitera la comète Wilson-Harrington en janvier 2001 et passa au large de Borelly en septembre 2001 tout en étudiant les autres corps célestes durant son voyage.

A gauche, la sonde spatiale Giotto rencontre Halley en 1986. Au centre et à droiote, la sonde Deep Space 1 précurseur du programme New Millenium de la NASA se caractérise par un propulseur ionique et d'autres innovations technologiques (miniaturisation, images HD, etc). Documents ESA et NASA/GRC.

Après la grande aventure de la mission Giotto vers Halley, la mission Contour (Comet Nucleus Tour) de la NASA s’envola en juin 2002 pour étudier 3 comètes : Encke, Schwassman-Wachmann 3 et d’Arrest. Les instruments équipant cette plate-forme présentaient une résolution de 4 mètres par pixels, 25 fois supérieure aux meilleurs images de Halley ! Malheureusement, peu après son lancement la sonde fut détruite, probablement suite à une instabilité de son moteur.

Dans le cadre de la mission Epoxi, en 2010 la sonde Deep Impact photographia le noyau de la comète Hartley 2, révélant un corps allongé émettant des jets asymétriques.

Enfin, l’ambitieuse mission Rosetta de l'ESA dont la sonde spatiale équipée du lander Philae rencontra la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko en août 2014, nous révélant un astre irrégulier à la surface très étonnante comme on le voit ci-dessous à droite. Cette comète dont le noyau mesure 3x5 km, tourne sur lui-même en quelque 12.4 heures et s'est formé par l'accrétion de milliers de petits objets autour de deux corps plus importants.

A voir : Atterrissage de Philae sur la comète Churyumov-Gerasimenko

Photos depuis la surface de 67P (sur le blog, 2014)

Blog Rosetta, ESA

A gauche, en 2004 la sonde Stardust rencontra avec succès la comète Wild2. Au centre, le 4 juillet 2005, l'impacteur de Deep Impact s'écrasa comme prévu sur la comète Tempel1 formant un cratère profond de 500 m et grand comme deux terrains de football. Cette collision programmée permit aux scientifiques d'étudier le nuage de poussières qui en résulta et indirectement la constitution du noyau de la comète qui remonte à l'époque de la formation du système solaire. Rappelons que la mission Deep Space DS4 qui devait survoler Tempel1 en 2006 (lander Champollion) a été annulée en 1999, ce qui a conduit la NASA à la remplacer par la petite mission Deep Impact. A droite, l'aspect de la comète 67P, alias 67P/Churyumov-Gerasimenko, photographiée par Rosetta le 3 août 2014 à 285 km de distance, quelques mois avant l'atterrissage de la sonde Philae à sa surface. La résolution est de 5.5 km/pixel. Il s'agit d'un compositage RGB aussi proche que possible des couleurs réelles. Voici une photo en noir et blanc un peu plus nette. Documents Pat Rawlings/JPL, T.Lombry et ESA.

Churyumov-Gerasimenko est une comète libérant deux fois plus de poussières que de gaz. Lorsqu'elle s'approche au plus près du Soleil (entre 4 et 3 U.A.), elle libère entre 60 et 220 kg de poussières par seconde. Sa queue de poussières et de gaz contient principalement de la vapeur d'eau. Rosetta a également identifié des gaz comme l'ammoniac, le méthane et le méthanol ainsi que des traces de formol, de sulfure d'hydrogène, d'acide cyanhydrique, de dioxyde de soufre et de sulfure de carbone ainsi que des traces de sodium, de magnésium et de fer dans les poussières de la coma interne.

Pour la première fois dans l'histoire de l'astronautique, la sonde Philae atterrit à la surface de la comète le 12 novembre 2014, bien qu'après avoir rebondit quelquefois en raison d'une panne de son principal propulseur et des pitons d'ancrage.  Philae effectua des analyses chimiques, thermiques, électriques et acoustiques de la surface et du sous-sol de la comète afin de déterminer sa composition et la structure de son noyau. La mission Rosetta s'acheva fin 2015. Les chercheurs doivent à présent analyser les données récoltées en espérant peut-être répondre à la question de savoir d'où provient l'eau et le carbone qu'on trouve sur Terre, deux éléments essentiels au développement de la vie.

Jupiter et Saturne

Depuis 1972, Jupiter n'a pas été souvent visité par les sondes spatiales. Il y eut les sondes Pioneer 10 et 11 en 1972 et 1973 ainsi que les fameuses sondes Voyager 1 et 2 en 1979. Ensuite il fallut atteindre 1992 pour recevoir les images de la sonde Ulysses et 1995 pour recevoir celles de Galileo.

A gauche, Io en transit devant Jupiter photographié par la sonde Cassini en route vers Saturne le 1 janvier 2001 à une distance de 350000 km. La résolution est de 600 km. Au centre, une illustration de la sonde spatiale Juno qui survola Jupiter en 2016. A droite, Cassini-Huygens se pose sur Titan. Documents NASA/JPL/Cassini, T.Lombry et ESA.

Puis il fallut attendre 2007 pour que la sonde New Horizons en route vers Pluton photographie Jupiter et nous dévoile les nouvelles plumes éjectées par Io. Enfin, en 2016 la sonde spatiale Juno survola Jupiter, photographiant notamment son pôle en haute résolution ainsi que les aurores polaires.

Après de longs pourparler avec la NASA, l’ESA lança la mission Cassini-Huygens vers Saturne et Titan en octobre 1997. La sonde atteignit Jupiter début 2001 et renvoya des images de l'atmosphère tourmentée d'une qualité exceptionnelle. La capsule Huygens fut larguée au large de Titan en novembre 2004 et se déposa avec succès sur sa surface, nous révélant un paysage très inattendu.

Envol vers Saturne

Décollage de nuit de la fusée Titan IVB-Centaur emportant la sonde Cassini-Huygens vers Saturne le 15 oct 1997 et séparation des boosters (Fichiers QT de 7.1 MB et 3.1 MB).

Uranus et Neptune

Tellement éloignées de la Terre, Uranus et Neptune furent toujours considérées comme des étapes intermédiaires au cours de missions plus importantes. Uranus reçut la visite de Voyager 2 en 1986 et Uranus en 1989. Puisqu'il n'y aura probablement plus de missions vers ces planètes avant 2020 ou 2030, actuellement c'est le Télescope Spatial Hubble et le télescope Keck qui tentent de percer à distance le mystère de ces deux planètes gazeuses.

Pluton, Charon et la Ceinture de Kuiper

Enfin, après des années de pourparler et plusieurs reports, la NASA accepta in extremis de lancer la sonde spatiale New Horizons vers les contrées lointaines de Pluton et au-delà qui n'avaient jamais été visitées. La mission débuta le 19 janvier 2006. La sonde spatiale passant au large de Jupiter en 2007 et atteignit comme prévu Pluton qu'elle survola à 13718 km d'altitude le 14 juillet 2015 après avoir parcouru 5 milliards de km.

Aujourd'hui, New Horizons poursuit sa route à plus de 49000 km/h vers la Ceinture de Kuiper située entre 40 et 500 UA du Soleil qu'elle devrait atteindre en 2026.

Dans cette liste, deux astres se démarquent par leur absence : Mars et la Lune. Nous devons les traiter séparément car chacun d'eux à fait l'objet de plusieurs dizaines de missions d'explorations et seront les objectifs prioritaires des prochaines missions spatiales.

Dernier chapitre

L'exploration de Mars et de la Lune

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