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Quel télescope acheter et pour quel usage ? Les accessoires (II) Les filtres colorés et polarisant Ainsi que je l'explique longuement dans l'article consacré à l'usage et à la qualité des filtres colorés en astronomie, vous pouvez avantageusement utiliser certains filtres colorés pour distinguer les détails à la surface des planètes. Pour chacune d'elle voici les principaux filtres que vous pouvez utiliser : - Mercure : orange W23A, jaune W15 - Vénus : bleu W46, violet W47 - Mars : orange W23A, rouge W25, W29, bleu W80A, violet W47 - Jupiter : vert W57, violet W47, jaune W12, magenta W30 - Saturne : vert W57, bleu W80A - Uranus et Neptune : jaune-vert W12, vert W57, magenta W30. Pour bien débuter, vous pouvez donc acheter les 4 filtres suivants : jaune W15, orange W23A, vert W57 et bleu W80A ou leur variante plus dense (vert W57, rouge W25, violet W47, etc) si vous utilisez un télescope d'au moins 200 mm d'ouverture car ils absorbent trop de luminosité. Pour 80 à 100 € vous pouvez vous constituer cette panoplie de 4 filtres.
Deux recommandations : exiger toujours un filtre en verre coloré dans la masse car les filtres en plastique présentent en général une mauvaise qualité optique ou acheter des filtres Schott ou Kodak Wratten en gélatine (15 à 30 € pour un filtre Wratten de 4x4 cm). N'acheter pas de modèle de 50 mm pour les télescopes catadioptriques sinon vous aurez du mal à les retirer du "visual back". Ces modèles sont également plus chers. Le filtre de 31.75 mm se vissant à la base de l'oculaire est la solution la plus simple. Le filtre polarisant variable de Celestron ou Orion Telescope & Binoculars (60 € ou 30$ en 31.75 mm) est constitué de deux filtres polarisants rotatifs (un pour le plan vertical et un second pour le plan horizontal) fixés dans une bague. Ainsi que je l'explique dans la page anglaise consacrée aux programmes de recherches, ce filtre particulier est utilisé pour réduire l'éclat de la Lune à partir du premier quartier ou pour mettre en évidence les différents composantes polarisées des objets (couronne solaire, dépôts lunaires récents, émission des quasars, des résidus de supernova contenant des pulsars, etc). Le filtre polarisant s'utilise également avec tous les objets diffusant ou réfractant la lumière : il permet de réduire les réflexions dans le ciel, sur la surface de la mer ou sur les objets métalliques couverts de peinture. Précisons que certains filtres polarisants sont si encombants qu'ils rejettent le foyer des oculaires à une distance inaccessible pour la mise au point. Un bon conseil : essayez-le avant de l'acheter ou renseignez-vous sur le recul de mise au point qu'il impose. Enfin, rappelons que pour observer le Soleil aucun de ces filtres ne convient en raison de leur transmission lumineuse beaucoup trop importante. Leur luminosité doit en effet être réduite d'un facteur 4 ou 5 (voir plus bas) ! Les filtres anti-pollution lumineuse L'observation des objets du ciel profond présente d'autres difficultés. Par nature, les nébuleuses et les galaxies sont beaucoup moins lumineuses que les planètes; elles présentent des surfaces de très faible densité et la plupart d'entre elles sont de petite dimension (quelques dizaines de minutes d'arc). Pire, dans nos régions urbaines et suburbaines, les objets du ciel profond doivent se détacher d'un fond du ciel brillant en raison de la pollution lumineuse produite par l'éclairage public. Parfois cet arrière-plan est affecté par la présence de brume, d'humidité ou de poussières présentes dans l'air ou simplement parce que les objets se situent dans une zone brillante du ciel, en plein milieu de la Voie Lactée par exemple. Tous ces paramètres réduisent le contraste entre l'objet et le ciel et ne facilitent en rien son observation.
La meilleure chose à faire est donc de trouver un moyen pour réduire toute cette "pollution". C'est ici que les filtres dits LPR sont très utiles. Les meilleurs filtres anti-pollution lumineuse sont le filtre UHC de Lumicon et l'UltraBlock d'Orion Telescope & Binoculars ou Woodland Hills Camera. Etant donné leur courbe de réponse très particulière, ces filtres sont assez onéreux et coûtent environ 150 € chacun. Vous pouvez également utiliser un filtre H-beta pour observer les nébuleuses très pâles et le DeepSky ou Minus-Violet pour observer toutes les nébuleuses à réflexion. Vous trouverez des renseignements techniques complémentaires dans le rapport anglais que j'ai rédigé à ce propos. Le Soleil est un astre particulier, c'est la seule étoile proche que nous pouvons observer de manière permanente et pratiquement à toutes les fréquences. L’accessoire essentiel et indispensable pour observer le Soleil est le filtre solaire objectif offrant une transmission de 1/100000eme (densité optique 5) et qui vient se placer devant votre optique. Ce filtre est souvent vendu en feuilles souples pour quelques dizaines d'euros en rouleau ou au format A4. Il se coupe aussi facilement qu'une feuille de papier et peut protéger n'importe quel optique : téléobjectif, lunette, télescope, viseur, jumelles, caméra, verres correcteurs, etc. Il suffit de le fixer avec du papier collant ou un élastique. La meilleure solution si vous effectuez des observations régulières du Soleil consiste à acheter soit un filtre solaire AstroSolar de Baader (25 € pour une feuille A4, elle existe également sertie dans un porte-filtre objectif) soit la version en verre métallisé de Thousand Oaks Optical (le modèle 2+ de 208 mm d'ouverture coûte environ 200 €) ou le modèle vendu par Orion Telescope & Binoculars.
Le film AstroSolar en polyester aluminé présente toutefois une meilleure distribution spectrale que la feuille en Mylar ou que tout autre solution en polymère. Elle est également moins sensible aux eraflures, aux piqûres et aux autres défauts (cloques, etc) que les autres filtres. Sachant
que la turbulence est en général très forte sous le Soleil, à moins
d’observer dans des régions de haute altitude, l’observateur passionné
par notre étoile ne pourra pas tirer profit d’instruments supérieurs à environ 100
mm d'ouverture. Dans tous les cas les
constructeurs vous proposeront un cache objectif, évidé soit en son
centre (déconseillé) soit décentré (préférable) qui viendra réduire la luminosité et la chaleur qui
arrive à l’entrée du télescope. Ce cache permet de réduire
suffisamment l’intensité du Soleil pour pouvoir l’observer dans de
bonnes conditions ou de le photographier en haute résolution.
L'astrophotographie Pour l'astrophotographie enfin, il existe toute une panoplie d'accessoires allant du système de guidage hors-axe, aux bagues allonges, tubes T et autre support piggyback. Si les puristes vous diront que les boîtiers réflex et les émulsions conventionnelles ont encore leur place en astrophotographie, l'avenir est sans conteste aux webcam, caméras CCD et autres appareils numériques qui, placés entre les mains d'un amateur averti donnent des résultats à couper le soufle comme en témoignent certaines images publiées dans ce dossier. Et ne croyez pas les amateurs qui vous disent qu'un petit télescope n'est pas capable de donner de bons résultats : les images présentées sur ce site vous démontrent qu'avec un minimum de savoir-faire et un équipement approprié vous pouvez obtenir des résultats exceptionnels.
Souvent dans ce domaine, la clé du succès réside dans un seul mot : le traitement d'image. Ainsi que je le rappelle dans les dossiers techniques, la prise de vue ne constitue que la moitié de votre travail. Si cela suffit la plupart du temps pour des sujets exposés en pleine lumière, dans des conditions d'éclairement difficile où les contrastes sont violents ou au contrainre très faibles comme c'est souvent le cas en astronomie, vous ne pouvez plus vous contentez d'enregistrer et d'afficher votre résultat. En photographie planétaire par exemple, le grain ou le bruit électronique étant souvent fort apparent, vous avez avantage à compositer plusieurs dizaines d'images. Un logiciel gratuit (freeware) comme Astrostack ou Registax par exemple, permet d'additionner plus de 1000 images vidéo individuelles acquises avec une webcam. Pour obtenir une image couleur vous avez également avantage à réaliser un compositage RGB ou mieux encore LRGB pour obtenir une saturation optimale des couleurs et un excellent contraste. Pour cela vous devez maîtriser des logiciels de traitement d'image comme Iris, MaximDL ou Photoshop. A consulter : N'ayez pas peur des CCD Cette activité demande une étude particulière qui dépend à la fois de votre passion pour l'astrophotographie, de vos compétences techniques en traitement d'image et des caractéristiques de votre installation. Mais si les plus jeunes ont pu se faire un nom dans ce domaine, je ne doute pas que vous y parviendrez aussi. Dernière partie
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