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Exprimé en fraction de la densité critique de l'Univers, densité qui assure un juste équilibre entre son effondrement et son expansion infinie, ils sont arrivés aux résultats suivants : - Etoiles : 0.5% - Baryons (total des protons, neutrons et hypérions) : 4 ± 0.6% - Matière (total) : 27 ± 4% - Neutrinos : 0.5% - Energie sombre : 73 ± 4%. En clair, il manque les 2/3 de l'Univers ! Parmi ces mesures il faut relever que les 73% d'énergie sombre sont de nature et de composition inconnues mais elle participe à l'accélération récente de l’expansion de l'univers mais ne s’y dilue pas.
Si
cela paraît sans importance, rappelons que cette masse
"manquante" fausse les mesures de vitesse, les estimations
des effets gravitationnels ou magnétiques concernant les corps célestes.
Mais au-delà de ces mesures grevée d'une sérieuse marge d'erreur,
il y a la question de la densité
et de l'avenir de l'Univers. Heureusement,
cet inventaire conforte les théories cosmologiques modernes. Les
quantités relevées sont compatibles avec les prédictions du modèle
inflationnaire
aboutissent à un univers plat, sans courbure mesurable. Mais elles
mettent également en évidence trois problèmes majeurs relatifs à
la matière sombre : - Où sont les baryons sombres ? - Qu'est-ce que la matière sombre non baryonique ? - Quelle est la nature de l'énergie sombre ? Pour
répondre à ces questions, les astrophysiciens ont été chercher des
éléments de réponses chez les cosmologistes ainsi que les
physiciens, théoriciens et expérimentateurs, qui avaient déjà
imaginé divers scénarios pour expliquer la véritable nature de
l'Univers en faisant parfois appel à des théories très originales
comme les Théories
de Grande Unification,
les GUT qui fourbissent leurs armes avec des entités aussi abstraites
que les axions (des particules de la famille des bosons de Goldstone
qui ne respectent pas toutes les lois de conservations fondamentales)
ou les cordes cosmiques (des défauts topologiques issus de la théorie
inflationnaire).
Grâce
à ces travaux qui se sont étalés sur plusieurs décennies, les
astrophysiciens nous disent aujourd'hui que le candidat le plus
prometteur pouvant représenter les baryons sombres, c'est-à-dire les
constituants sombres optiquement parlant de la matière ordinaire, est
le gaz chaud diffus. Il est en effet détectable en lumière visible,
UV, X et par ses émissions radioélectriques entre les amas de
galaxies ainsi que dans le halo qui enveloppe chaque galaxie. Les
candidats idéaux pour la matière sombre non baryonique sont
invisibles et indétectables par nature mais on pense qu'il devrait
s'agir de matière sombre et froide constituée de particules élémentaires
lourdes et lentes abandonnées peu de temps après le Big Bang, telles
que les hypothétiques axions ou les neutralinos que l'on trouve
respectivement dans les théories de GUT et de supersymétrie. Enfin les candidats pour l'énergie sombre font appel à une nouvelle constante cosmologique (l'énergie du vide), un champ scalaire ondulant (une mini-inflation), la quintessence et quelques défauts topologiques comme les cordes cosmiques ou les monopôles. Bref, cela représente une véritable brigade d'entités très puissamment armées mais inconnues, dont la plupart sont sorties tout droit de l'imagination débridée des physiciens dans le seul but de rendre dame Nature élégante et cohérente dans ses actions. Ces trois groupes de candidats sont des sortes de mercenaires que dame Nature paye énergie sur l'ongle pour calmer le grand jeu cosmique et réorganiser le Kosmos après le grand Khaos originel. Sans leur intervention, nous ne pouvons pas comprendre l'évolution de l'Univers, mais d'un autre côté leur aspect parfois rébarbatif ne plaît pas à tout le monde, certains les jugeant justes bons à alimenter l'imagination des auteurs de science-fiction. A ceux-là nous disons que les quarks, les neutrinos ou l'antimatière sont également issus de cette armée insolite et invisible et ont accompli des actions au-delà des espérances des physiciens. Nous leur devons une meilleure compréhension de l'Univers et sans eux, nous en serions encore à croire que les atomes et les réactions nucléaires n'existent pas. Passons donc en revue cette collection d'entités et les contributions possibles des différents candidats évoqués ainsi que leurs points faibles. La densité critique et l'avenir de l'Univers Déterminer la quantité et la composition de la matière et de l'énergie contenues dans l'Univers est une question importante et même fondamentale en cosmologie. Les physiciens nous disent qu'aujourd'hui, la densité Wo de l'Univers correspond au rapport entre sa densité totale et sa densité critique d'énergie : Wo = rt/ rc et correspond à la contribution fractionnaire de chaque composante (par exemple les baryons, les photons, les étoiles, etc) à la densité critique. A l'image d'une masse qui s'enfonce plus ou moins dans un filet en fonction de son poids, la densité influence la géométrie de l'Univers : R2courb = Ho-2/(Wo-1) L'indice"o" fait référence à l'époque actuelle. Le rayon de courbure (ou plutôt k=R-2) détermine la géométrie spatiale : positive pour une sphère, négative pour une hyperbole et nulle pour un espace plan.
D'après les analyses spectrales, l'Univers continue son expansion : les galaxies présentent un spectre de raies décalé vers le rouge. Il serait donc ouvert. Seul hiatus, nous ignorons quelle est sa géométrie exacte, un indice qui nous aiderait grandement à apprécier sa forme réelle. Le taux actuel de décélération de l'expansion (qo) dépend de la densité de l'Univers ainsi que de la contribution de la matière et de l'énergie :
Le facteur de décélération qo et la constante de Hubble Ho sont tous deux liés à la courbure de l'espace. Ils varient en fonction de la densité de la matière. Deux
propriétés contribuent à créer la force de gravité de la matière.
L’une est sa "densité d’énergie", qui est égale à sa
densité multipliée par le carré de la vitesse de la lumière. Cette
quantité est toujours positive. La seconde contribution vient de la
pression exercée par la matière sur son environnement à l'instar de la
pression engendrée par un
gaz. Généralement cette force de pression est très faible comparée à
la grande quantité d’énergie potentielle contenue dans la matière. Si
on considère que la matière baryonique présente une pression nulle (w=
0), l'énergie du vide présente une pression L'avenir de l'Univers n'est pas directement déterminé par sa densité critique ou son taux de décélération. En effet, il dépend surtout de la contribution de toutes les composantes de la matière et de l'énergie dans le futur. Ainsi, l'Univers s'effondrera sur lui-même lorsque le taux d'expansion sera nul et l'influence de la gravité dominera les autres forces. Si l'Univers est uniquement constitué de matière, une courbure positive, Wo > 1 déclenchera à court ou moyen terme son effondrement sur lui-même; si la courbure de l'Univers est négative, Wo < 1, et il poursuivra son expansion à l'infini. Toutefois, des composantes "exotiques", c'est-à-dire constituées d'une matière inconnue, peuvent infléchir cette évolution. Un univers à courbure positive mais constitué d'énergie du vide positive renforcera l'expansion de l'Univers, tandis qu'un univers à courbure négative mais présentant une énergie du vide négative provoquera son effondrement sur lui-même.
Seules la quantité et la composition de la matière et de l'énergie contenues dans l'Univers nous permettent de comprendre son passé ainsi que son avenir. Ainsi que nous l'avons expliqué, cette densité détermine l'âge actuel de l'Univers, l'époque à laquelle s'interrompit l'ère radiative (quelque 10000 ans après le Big Bang), celle à laquelle les petites inhomogénéités se sont formées dans la forme primitive de la matière (entre le découplage électrofaible et l'époque de la recombinaison), de quelle manière se sont formées les grandes structures cosmiques ainsi que la formation et l'évolution des galaxies individuelles. Pour celui qui se penche sur la cosmologie, voire sur son propre avenir dans une optique spirituelle, il est donc important de savoir quel sera l'avenir de l'Univers. Mesurer la quantité de matière et d'énergie ainsi que déterminer leur composition respective est un défi. Pas uniquement du fait que les inhomogénéités présentent une grande échelle, de l'ordre de 30 millions d'années-lumière (10 Mpc), mais également parce qu'il peut exister des composantes qui demeurent constantes ou changent très peu au cours de l'évolution (par exemple l'énergie du vide ou les particules relativistes) qui ne se révèlent qu'à travers leurs effets sur l'évolution de l'Univers lui-même. Deuxième partie Inventaire de toute la matière et de l'énergie contenues dans l'Univers
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