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Tout d'abord résumons dans un tableau les performances théoriques des instruments d'astronomie car beaucoup d'amateurs débutants s'imaginent qu'il suffit d'utiliser un fort grossissement pour obtenir de bons résultats. Ils ont tout faux ! Si cela vous concerne, ne vous sentez pas responsable car la faute est à rejeter avant tout sur les publicités mensongères de certains fabricants. Ainsi, j'ai récemment vu une publicité allemande ventant de soi-disant performantes paires de jumelles 5x40 capables de grossir... 200x, alléchant le client avec une image de la Lune prise par un télescope d'au moins 200 mm d'ouverture ! Comme diraient certains politiciens, "arrêtons de nous mentir!", arrêtons en effet de prendre les gens pour des idiots ! Ces publicités sont mensongères ! Qu'en est-il exactement ?
Les performances d'une optique astronomique varient avant tout en fonction de son diamètre, de son rapport d'ouverture et de la qualité de fabrication. Elles dépendent ensuite de la qualité du système oculaire et dans une moindre mesure de la qualité de la monture qui la soutient. En complément, sur le terrain plusieurs facteurs limiteront ses performances, en particulier les effets de la pollution lumineuse, de la turbulence et la collimation instrumentale. Mais traitons un sujet à la fois, nous aurons bien le temps de revenir à toutes ces notions en cours de lecture. Le système solaire La
Lune Comme le disait un constructeur bien connu, préparez-vous à un spectacle impressionnant ! De part ses dimensions et son éclat, la Lune est l’objet de prédilection des astronomes amateurs. Le grand public ignore en général que l'on peut facilement observer les cratères de la Lune. Observée dans un petit instrument, une lunette de 60 à 90 mm d'ouverture par exemple, la Lune surprend déjà par sa luminosité. Sans couverture atmosphérique, la surface de la Lune présente un contraste violent, tout en nuances de gris et de couleurs pastels.
A l’approche de la pleine Lune, lorsque le Soleil s’élève très haut
sur les remparts des cratères, les rayons des cratères d'impact,
invisibles quelques jours auparavant, s'étendent
loin à travers la surface lunaire, les mers prennent une coloration plus
claire et sont traversées ci et là par les éjecta émanant des jeunes
cratères. La surface lunaire supporte également l’utilisation du filtre polarisant. De part sa densité, ce filtre présente l'avantage de pouvoir contrôler la luminosité de la Lune, souvent trop brillante après le premier quartier et de surveiller l’apparition éventuelle de nouveaux dépôts sur sa surface dont la réflexion sera modifiée en lumière polarisée.
Photographiquement,
vous pouvez enregistrer les différentes phases de la Lune ou réaliser
des images en haute résolution des cratères grâce à une simple projection
oculaire. Les
caméras vidéo, les boîtiers
numériques ou les webcam font ici des merveilles. Occasionnellement vous pourrez également photographier
les occultations et appulses des
planètes par la Lune ou les éclipses de
Lune et rivaliser d'esthétisme avec quelques amateurs chevronnés. La Lune demeure sans conteste l'objet d'étude qui vous coûtera le moins cher car elle se contente de petits instruments à prix modique. Elle vous permettra aussi aux enfants d'aller au lit assez tôt. Paradoxalement, la Lune est également un sujet admirable pour la haute résolution. Ainsi que nous le rappelle le célèbre astrophotographe Jean Dragesco, "faire de la haute résolution" consiste à essayer d'obtenir une résolution photographique aussi proche que possible des limites théoriques de l'instrument utilisé. La Lune a beau avoir été photographiée sous tous les angles par les sondes spatiales, elle n'en demeure pas moins un très beau sujet de photographie. Lorsque la turbulence se calme, la vue devient féerique et vous aurez du mal à quitter votre oculaire, d'autant plus s'il présente un grand champ à fort grossissement. C'est durant ces courts moments d'accalmie qu'il vous faudra réaliser vos prises de vue qui, heureusement, sont instantanées (une fraction de seconde sur film ou CCD). La technique s'acquiert rapidement et cette activité enchantera tant les jeunes de 6 à 15 ans équipés de modestes instruments que les adultes chevronnés équipés de télescope de 300 à plus de 500 mm d'ouverture. Le
Soleil Si
le Soleil est un objet très facile à localiser et qui s'observe de jour
contrairement à tous les autres objets célestes qui doivent être observés
de nuit, son observation requiert certaines mesures de précautions en raison de la chaleur qu’il dégage. Avant toute chose, il faut savoir que la lumière du Soleil captée au foyer d'une loupe est capable de faire brûler une allumette ou de faire fondre n’importe quel objet en plastique en l’espace de quelques secondes ! Imaginez le résultat si vous l'observez sans précaution dans une paire de jumelles ou un télescope... C'est la cécité assurée. N’observez donc *jamais* directement le Soleil sans filtre adéquat au risque de voir la vie en rose quelques jours ou pire d’y perdre la vue. Nous reviendrons en détail sur les filtres solaires lorsque nous parlerons des accessoires. Equipé d'un filtre solaire objectif (une feuille Mylar, d'AstroSolar ou un verre métallisé) et muni d’un oculaire de moyenne puissance (grossissant 1.5x le diamètre de votre objectif exprimé en mm), vous pourrez observez l’évolution des taches sombres, une activité perpétuelle à la surface du Soleil qui suit un cycle de 11 ans, passant par un minimum et un maximum. Vous pourrez également observer les plages faculaires plus brillantes. A plus forts grossissements vous pourrez distinguer la granulation de la surface solaire. Si vous ne l'avez pas observé en 2004 vous pourrez également observez le transit de Vénus en 2012 ou ceux de Mercure.
Lorsque le Soleil "tape dur" en été, plutôt que de vous réfugier à l'intérieur, une autre activité très passionnante consiste à observer le Soleil au moyen d’un filtre interférentiel centré par exemple sur la raie de l’hydrogène-alpha, la plus profonde et la plus large des raies de l’hydrogène de la série de Balmer. Nous ne travaillons donc plus en lumière dite blanche mais dans une lumière monochromatique très étroite située dans la partie rouge-rubis du spectre.
Prochain chapitre
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