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L'origine et l'avenir de l'Homme

L'arbre phylogénétique de l'homme. Noter la prolifération des espèces, l'extinction de chacune d'elle et la courte existence de l'Homo sapiens.

La multiplication des espèces (III)

De Toumaï aux premiers hominidés, soit sur une période de plus de 3 millions d'années, les paléontologues ont découvert très peu d'espèces d'hominiens et leur morphologie a peu évolué. En revanche, entre les Australopithèques (Lucy) et Homo erectus et sur une période aussi étendue, le nombre d'espèces préhumaines a littéralement explosé et leur morphologie a fortement évolué, notamment la forme de leur crâne et le volume de leur cerveau. Comment expliquer ces changements ?

Pendant des décennies, les paléontologues se sont demandés pour quelle raison nos ancêtres s'étaient mis debout et avaient conquis le monde. On a d'abord cru que nos ancêtres étaient descendus des arbres et s'étaient tout simplement adaptés à leur milieu, les différentes espèces étant apparues par hasard au gré des mutations graduelles ou ponctuées.

Si cette théorie explique beaucoup d'évènements, elle n'explique pas la prolifération soudaine des espèces il y a environ 3 millions d'années. En effet, cette diversification peu après l'époque de Lucy est en contradiction avec l'effet du hasard et nous devons chercher l'explication ailleurs, sans doute dans l'effet combiné de plusieurs phénomènes.

La paléontologie ne nous fournissant aucun indice, depuis quelques années les scientifiques se sont orientés vers d'autres sources. La géologie et l'étude du climat notamment, nous ont apporté un nouvel éclairage et de nouvelles données sur cette période lointaine du passé de l'Homme.

1. Impact des changements climatiques sur les espèces

Jusqu'aux années 1980, les chercheurs accordaient peu d'importance aux impacts du milieu et du climat sur l'évolution des préhumains et des hominidés; elles semblaient anodines mais il faut dire qu'on savait peu de chose du passé climatique et écologique de l’Afrique.

On savait toutefois que la séparation de la lignée des humains de celle des grands singes s’était produite bien antérieurement au Pléistocène, période durant laquelle la glace a couvert de nombreuses régions d’altitude et durant laquelle la pluviosité était plus importante, tant par rapport à aujourd’hui que par comparaison avec la période précédent le Pliocène.

En analysant les couches géologiques du Rift ainsi que les couches sédimentaires du fond des océans, on a découvert qu'à l'époque de Lucy, il y a 3.9 millions d'années, les conditions climatiques ont sérieusement changé.

En effet, à cette époque la Terre connut un “coup de chaleur”, les régions tropicales se sont asséchées et la grande forêt du Miocène devint herbeuse, se transformant graduellement en savane puis en prairie. Plus tard, on découvrit que la région du Rift connut de nombreuses périodes alternant forte humidité, y compris de grands lacs, et sécheresses qui ont duré plusieurs milliers d'années.

Au moins 500000 ans séparent chacun de ces squelettes. Ci-dessus à gauche, l'Australopithecus africanus, "Mrs Ples", remonte à plus de 3 millions d'années. A droite, l'Australopithecus robustus (SK 48) âgé d'environ 2.5 millions d'années. Ci-dessous à gauche, l'Homo ergaster (ER 3733) âgé d'environ 1.5 millions d'années et à droite, l'Australopithecus boisei (OH 5) âgé d'environ 1 million d'années. Noter la crête sagittale (au sommet du crâne) chez A.robustus et A.bosei et leur faciès simièsque. A.africanus est l'ancêtre du genre Homo et peut-être également celui du Pan robustus (cf. arbre phylogénétique). Documents Modern Human Origins.

Ces changements climatiques globaux et radicaux eurent des répercussions tant dans le règne animal que végétal. Un être vivant aussi complexe qu'un mammifère ou qu'un préhumain met des milliers d'années pour s'adapter à un changement climatique. Si son organisme est peu réactif, son espèce ne résistera pas longtemps et disparaîtra. En revanche, une espèce plus réactive, même moins spécialisée, sera avantagée et pourra s'adapter à ces changements.

Nos ancêtres connurent cette évolution. Les ancêtres des hominidés ne se sont donc pas simplement adaptés au milieu et au climat comme on le pensait jusqu'à présent. C'est le contraire qui s'est produit : le changement climatique fut le moteur de l'évolution des préhumains; c'est parce qu'il eut des changements climatiques répétitifs que nos ancêtres ont été contraints de développer leur corps et leur cerveau; ils devaient rapidement s'adapter ou périr.

Le changement climatique explique pourquoi les préhumains comme les hominidés se sont transformés : pour survivre, ils perdirent leurs canines et devinrent omnivores. Leurs canines se rétractant, ils perdirent leur prognathisme et leur visage s'ouvrit. L'ouverture de leur angle facial allait leur permettre d'articuler.

Après être descendus des arbres dans lesquels ils s'étaient réfugiés durant des millions d'années, nos ancêtres se mirent debout. Toumaï comme Lucy étaient capables de marcher sur de courtes distances même si leurs pas étaient encore mal assurés.

Puis nos ancêtres ont dû trouver de la nourriture par leur propres moyens. Fragiles, glabres et sans défense, ils ont dû être plus intelligents, plus malins et plus habiles que les autres prédateurs. A défaut de courir vite, nos ancêtres étaient endurants, à défaut d'être puissants et de disposer de crocs ou de griffes ils étaient armés et chassaient en groupe. Aucun animal ne pouvait plus leur résister. L'homme devint un superprédateur.

2. Impact des mutations génétiques

Les découvertes de Toumaï, Orrorin, ramidus et Abel permettent aux paléontologues de préciser l’évolution de la lignée des humains jusqu’à l’Homo sapiens. Tous les indices tentent à confirmer que l’adaptation sélective qui conduisit à ce dernier se déroula en Afrique où, à n’en pas douter, des milliers de gisements fossiles restent à découvrir près du Rift ou plus au Nord-Ouest, vers le Tchad. Mais son extension au reste du monde fait l’objet de beaucoup plus de spéculations.

D’une part les paléontologues sont frustrés du fait que les fossiles d’Australopithèques sont beaucoup mieux représentés que ceux des grands singes avec lesquels pourtant, ils sont contemporains. Si les chercheurs pouvaient répondre à cette énigme, ils comprendraient non seulement avec laquelle des deux espèces de Pan - aethiopicus, boisei, robustus d’un côté, paniscus, verus et troglodytes de l’autre - l’Homo sapiens moderne doit être comparé, mais cela apporterait également un nouvel éclairage sur les influences environnementales qui ont permit d’élaborer l’adaptation des deux lignées.

Si le facteur climatique semble jouer un rôle clé dans l'évolution des espèces d'hominidés, il faut aussi considérer que l’évolution des Australopithèques ne fut pas uniquement instiguée par des influences extérieures mais également par des avantages sélectifs provoqués par des mutations survenues dans le génome qui conféra à ceux qui en disposaient des avantages décisifs sur les espèces en compétition ou inadaptées.

On a en effet découvert que l’Homo sapiens (-92000 à -28000 ans environ), différait des grands singes par le fait qu’il disposait de 46 chromosomes au lieu de 48. Les gènes des chromosomes manquants ont été identifiés comme formant un seul bloc localisé sur l’une des extrémités du chromosome 2. Il s’ensuit qu’à un stade du processus évolutionnaire, il y eut une translocation chromosomale qui incorpora l’entièreté d’un chromosome du singe dans le chromosome 2 humain. On ignore à quelle époque cette translocation s’est produite et quelles furent ses conséquences génétiques.

Cette translocation génétique pourrait expliquer le manque de corrélation, dans l’histoire humaine, entre les phénomènes d’adaptation et le milieu, bien que l’environnement dans lequel vécu l’australopithèque soit très insuffisant pour porter ce jugement.

Pour l’heure, nous en saurons peut-être un peu plus à ce sujet en étudiant le génome humain, en particulier en découvrant quel type de gène contient le chromosome 2.

Tout ce que l’on peut dire c’est que chaque espèce animale apporta sa solution au changement climatique : les animaux arboricoles devinrent fouisseurs, les hominidés changèrent de dentition en changeant de régime alimentaire, leur cerveau passant de 400 à 800 cm3 environ en quelques centaines de milliers d'années[4]. Aussitôt que l'homme s'est mis à manger de la viande, il bougea, s'adaptant à l'environnement. L'évolution, sans nécessairement déterminer la nature et le devenir de l'homme a inscrit ce changement dans l'environnement qui a retenu les caractères dominants.

L'Homo habilis

Le premier des hominiens fut l'Homo habilis qui côtoya probablement les descendants de Lucy il y a 2 à 3 millions d'années, à Olduvai et en Tanzanie. C'est la première espèce d'hominidé (Homo) qui pris goût à la nourriture carnée, ce à quoi Lucy n'a probablement jamais ou presque jamais goûté. Se nourrissant de viande cet apport important de protéines consolida la musculature de l'Homo habilis et développa son cerveau. 

L'anthropologie physique a cela de merveilleux qu'elle nous offre l'opportunité de pouvoir mettre un visage sur nos ancêtres et pour ainsi dire de ranimer les fossiles. Le fait de voir la physionomie probable de nos ancêtres est toujours émouvant. A gauche, le portrait de l'Australopithecus afarensis (Lucy), au centre, celui de l'Australopithecus boisei et à droite, celui de l'Homo habilis, dont voici une autre représentation sans doute moins fidèle et quelques uns des outils, principalement constitués de galets aménagés. Lucy est plus vieille d'au moins un million d'années que A.bosei et H.habilis. Ces deux derniers ont vécu à la même époque, A.bosei un peu plus longtemps. A.bosei est du genre Paranthropus (sa classification dans le genre Australopithecus est historique mais trompeuse), le troisième du genre Homo, en d'autres termes les deux premiers ont encore beaucoup du singe, tandis que l'hominidé ne peut que l'imiter ! Documents Pangea Institute.

Son nom d’"homme habile" vient du fait que ses fossiles sont associés à des pierres taillées. Sa capacité crânienne, importante pour l’époque, pouvait dépasser 750 cm3. Ses ossements crâniens sont relativement minces quand on les compare à ceux des primates contemporains. Sa mâchoire arrondie, qui présente un bourrelet externe, et ses molaires réduites lui donnaient un faciès plus humain que simiesque. Par de nombreux traits il ressemble aux Australopithèques mais également aux membres du genre Homo. Il est probable qu’il assura la transition entre les deux genres. L'Homo habilis représentait une population d'environ 100000 individus.

L'Homo erectus

Il sera suivi par l'Homo erectus, "l'homme dressé", un véritable bipède vivant dans le nord du Kenya dont les fossiles remontent entre 1700000 et 500000 ans. Sa capacité crânienne varie entre 750 et 1000 cm3. Son crâne présente deux bourrelets : l’un au-dessus des yeux, formant une longue arcade sourcilière, l’autre au-dessus de la nuque, marquant le point d’attache d’une puissante musculature. Ce n'est pas encore un homme mais à travers les traits bruts de son faciès il présente déjà des signes d'humanité.

L'Homo erectus domina la nature et était déjà le superprédateur de son temps. Outre la taille de son cerveau, deux autres éléments démontrent qu'il était intelligent. Tout d'abord, il savait fabriquer des outils efficaces au point que des simulations ont indiqué que ses racloirs et autre tranchoir étaient à peine moins performants que les couteaux modernes de nos bouchers. Lors d'une simulation effectuées aux Etats-Unis, on a demandé à deux bouchers de dépouiller une carcasse de tous ses morceaux de viande, non pas avec leurs couteaux en acier habituels bien aiguisés mais avec les outils de l'Homo erectus. Ils sont arrivés à bout de leur tâche en 4 fois plus de temps que d'habitude. Bien sûr il n'avait pas la méthode de travail ni la dextérité de leurs ancêtres, mais le travail fut accompli, preuve que les outils primitifs en pierre étaient efficaces.

A gauche le crâne de l'Homo habilis (ER 1470). A droite la morphologie comparée du crâne de l'Australopithecus, de l'Homo erectus et de l'Homo sapiens.

Seconde observation, à la chasse, l'Homo erectus savait utiliser la force du groupe pour chasser les animaux et pouvait rivaliser avec les grands fauves qui chassaient en groupe comme les lions, les léopards, les tigres à dents de sabre, les hyènes ou les ours. Encore aujourd'hui, mis à part les tigres à dents de sabre qui ont disparu, les chasseurs considèrent que le léopard (ou le tigre en d'autres endroits) est l'animal le plus féroce de la nature. Non seulement il est agile et rapide mais la taille de ses crocs a de quoi faire reculer le plus téméraire des chasseurs. Ces différents indices témoignent que l'Homo erectus faisait déjà preuve d'une grande intelligence, non obstant le fait qu'il était costaux et courageux. Mais ses aptitudes ne l'ont pas sauvé de l'extinction.

L'évolution de l'homme est liée au climat qui modifia biologiquement toutes les espèces. En parallèle, l'ancêtre de l'homme connu également une évolution géographique.

Dans sa course à travers monts et vallées, l'Homo erectus fut le premier à parcourir l'Afrique du Sud et l’Afrique de l’Est. Entre 1 million d’années et 700000 ans il remonta vers les zones tropicales. Ses descendants se répandirent à travers les continents, traversant l’Afrique et l'Eurasie pour conquérir de nouveaux territoires de chasses, juste armés de bifaces et de lances. On retrouve l'Homo erectus des Tropiques jusqu'au Grand Nord, de l'Espagne en passant par l'Indonésie jusqu'en Chine (il y a 750000 ans). Sa population comptait déjà plusieurs millions d'individus. 

A gauche, le squelette de l'Homo erectus (WT 15000). Au centre, une représentation artistique de sa morphologie basée sur la structure de son squelette et des points d'encrage des muscles sur les os. A droite, gros plan du crâne de l'Homo erectus découvert à Pékin. Il remonte à plus d'un demi-million d'années. Rendons-lui hommage car il inventa très probablement le feu et les premiers rites tribaux. Documents Modern Human Origins et Jay Matternes pour Scientific American.

Le feu, cet étrange animal

A l'inverse des fourmis qui sont insensibles au feu au point de continuer à travailler jusqu'à brûler vives (cas des fourmis Atta dans la Pampa d'Argentine où le Gauchos brûlent les herbes sèches), tous les organismes complexes craignent le feu à l'exception de l'homme.

C'est l'Homo erectus qui domestiqua le feu. Il dût conquérir cet "animal" inhabituel sans doute très rapidement. Il est probable que des enfants ou les chasseurs les plus aguerris et les plus curieux l'ont sans doute découvert un jour d'orage après un feu de forêt. Imaginez la situation. 

Alors que la tribu marchait en quête de nourriture, le frère du grand-chef nous indiqua un "animal" aux couleurs du Soleil qui bougeait à quelques mètres de nous sur une branche morte au milieu d'un buisson. Laissant la tribu à bonne distance, l'un des chasseurs les plus habiles s'approcha doucement de l'animal et le piqua violemment de sa lance. L'animal n'eut aucune réaction et ne poussa aucun cri. Il dégageait par contre un souffle inhabituel et une odeur sucrée. Plus le guerrier s'approchait de lui plus la chaleur devenait insoutenable.

Tout en se protégant du souffle de l'animal avec son avant-bras, l'homme le piqua à nouveau. Cette fois l'animal bondit sur sa lance. Effrayé le guerrier abandonna son arme sur le sentier et s'encourut. Observant la scène à quelques mètres de distance, les membres du clan constatèrent que l'animal avait rompu le combat et était retourné sur sa branche. Encouragé par ses condisciples, l'homme repris sa lance à bout de bras, s'approcha de l'animal et arrivé tout près de lui enfonça à plusieurs reprises sa lance dans le côté rouge-sang de la bête qui réagit immédiatement. Cette fois l'homme pensait l'avoir blessé à mort. Mais de manière étrange un second animal se suspendit au bout de sa lance, créant la stupeur dans le clan; le bout de sa lance s'était transformé en tison !

Voyant que l'animal était relativement inoffensif à leur égard et restait à bonne distance, les autres membres de la tribu se rapprochèrent du buisson et comprirent qu'il s'agissait d'une espèce différente des autres animaux. Au lieu de mordre, l'animal infligeait une douleur intense à qui le touchait et laissait une odeur sur les mains ainsi que des traces noires. On ne pouvait vraiment pas le toucher et c'est une femme du clan qui trouva le moyen de le transporter en déposant le tison ardent sur une ramure feuillue. C'est ainsi qu'il fut emporté jusqu'à la caverne du grand-chef. L'observant de loin, on découvrit que l'animal capturé gémissait de temps en temps en lançant des éclats brillants autour de lui. Durant la nuit il brillait, portait des ombres et nous réchauffait. Docile tout en étant étrange au point de nous effrayer nul n'osait encore lui donner un nom.

A lire :

L'impact du feu

On a retrouvé des traces de foyer dans des grottes du Midi de la France qui remontent à environ 750000 ans et en Chine il y a plus de 500000 ans, où vécu l’homme de Pékin. Le feu fut bientôt le signe du pouvoir : celui qui s'en accaparait devenait l'égal des dieux. Mais pendant longtemps l'homme craignît que la flamme du foyer ne s'éteigne ou qu'une tribu ennemie ne s'en empare. 

Finalement les hommes parvinrent à le domestiquer. En maîtrisant le feu, l'Homo erectus se donnait pour la première fois les moyens de maîtriser la nature et de changer sa façon de vivre. Il pouvait dorénavant se réchauffer et ne plus subir les rigueurs du climat, le feu de la flamme permettait d'éloigner les fauves et la chaleur permettait enfin de cuire les produits de leur chasse, rendant les aliments plus digestes.

Autre observation importante, en attendant que sa nourriture soit cuite à point, l'homme se donnait aussi le temps de discuter et d'apprécier la compagnie de membres de son clans ou des invités. On pense que la nature sociable de l'homme, le fait qu'il aime vivre en société, discuter et communiquer remonte à l'époque où les premières tribus se réunirent autour du feu.

Aujourd'hui encore il est étonnant de constater qu'à deux pas du site où Lucy fut découverte, dans la vallée de l'Omo, le peuple Mursi vit encore comme les hommes primitifs, quasi nu et allumant son feu en frottant deux bois l'un contre l'autre. Cette population se différencie toutefois de celle de nos ancêtres car elle considère que si l'harmonie règne dans sa société, la nature sera également harmonieuse, ce dont Lucy ne pouvait même pas imaginer.

Les fossiles d’animaux que l’on a découvert dans les régions où vivait l'Homo erectus pouvaient atteindre la taille des éléphants. Cela suggère que le comportement de ces chasseurs était déjà complexe et d’une grande efficacité pour s’attaquer à de tels mammifères. C'est à cette époque, pendant les veillées auprès du feu que se développa probablement l'esprit communautaire et tous les rites tribaux. L'homme enfin se projetait dans l'avenir.

L’évolution de l’Homo erectus n'était pas encore achevée. Il est ainsi prouvé que la taille du cerveau des premiers représentants fossiles n’était pas supérieure à celle des anciens hominidés, son volume oscillant entre 750 et 800 cm3. Un million d’années plus tard, sa capacité crânienne atteignait 1100 à 1300 cm3, autant que celle de l’Homo sapiens qui lui succéda.

Malgré sa bipédie, son cerveau volumineux, ses outils, bref de son adaptation au milieu durant plus d'un million d'années, ce qui représente une longévité dix fois supérieure à celle de notre espèce, la lignée de l'Homo erectus s'est éteinte il y plus de 250000 ans au profit de l'Homo sapiens.

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[4] En trois millions d'années, la taille de notre cerveau passa de 400 à 1400 cm3 !


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