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Showing most liked content on 08/18/19 in all areas

  1. 1 point
    Des simulations réalisées en intégrant les données fournies par la sonde JUNO sur le champ gravitationnel de Jupiter indiqueraient que cette planète serait entrée en collision avec une planète géante ( d'au moins dix fois la masse de la Terre) peu après le début de sa formation. Les masse, densité et dilution actuelles de son noyau en seraient le témoignage... Ce genre de cataclysme peut être suspecté aussi pour Saturne, Uranus et Neptune (dans d'autres conditions et avec d'autres effets, la Terre) faisant ainsi de ces collisions des phénomènes extrêmement banals lors des genèses planétaires (on s'en doutait un peu). Article de Laurent Sacco sur Futura : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/formation-systeme-solaire-jupiter-aurait-avale-planete-geante-il-y-plus-45-milliards-annees-35400/ Présentation de l'article dans Nature : https://www.nature.com/articles/s41586-019-1470-2 Sur le Blog du Doc': http://www.ca-se-passe-la-haut.fr/2019/08/jupiter-aurait-connu-un-impact-geant-il.html
  2. 1 point
    Suite à la livraison d'échantillon du 11 août (sol 2493) au labo SAM et à l'échec du pré-conditionnement correspondant, à partir du 15 août (sol 2497) l'équipe SAM était à nouveau prête à livrer quatre échantillons à SAM pour l'analyse EGA. Du coup, le fonctionnement de ce labo étant très énergivore, il ne laisse quasiment pas de place à d'autres activités. Dans l'après-midi du 16 août (sol 2498), il était prévu d'étudier la chimie de deux cibles d'affleurements rocheux situées à proximité de la cible de forage avec Mastcam et ChemCam, ainsi que.certaines observations environnementales standard avec MastCam pour l'analyse du niveau de poussières atmosphériques et l'imagerie Navcam pour la recherche de nuages et de "dust-devils". Ce même sol du 16 août, l'équipe de SAM devait obtenir également une nouvelle lecture des données de CheMin sur l'échantillon déposé ce lundi. Je cite Ashley Stroupe, ingénieur des opérations de mission au JPL : "Les résultats de l'analyse SAM seront disponibles avant la planification de vendredi, et sur la base de ces résultats, l'équipe SAM déterminera s'il convient d'effectuer une analyse supplémentaire sur l'échantillon de forage "Glen Etive" dans le plan de week-end". MOSAÏQUE DE 4 IMAGES MASTCAM - 10 AOÛT 2019 (SOL 2492) - THOMAS APPÉRÉ : VERSION ROGNÉE :
  3. 1 point
    À la suite d'un forage, le processus complexe de livraisons d’échantillon aux labos puis d’analyses peut durer plusieurs semaines... Pour le 22ème forage effectué le 4 août 2019 (sol 2486) à "Glen Etive", quelques "petits" problèmes ont participé à retarder les opérations. Ainsi, au tout début du mois d’août, le mât de télédétection RSM (Remote Sensing Mas) qui surplombe la plate forme de Curiosity (ainsi que le sol à près de 2 m), et sur lequel les caméras ChemCam, les deux Mastcams et les quatre Navcams sont montées, a brièvement arrêté de pointer. Du coup, en l'absence d'images, le processus de livraison aux labos a du être interrompu dans l’attente du diagnostic des ingés. Un problème peut-être lié aux modifications apportées récemment à la manière dont sont chauffés les moteurs raccordés au module RSM. En tout cas, une semaine plus tard, ces difficultés inédites ont, semble t’il, été résolues même s’ils restent prudents. Mais les tests de diagnostic exécutés paraissent avoir été concluants. Le 10 août (sol 2492) un échantillon de forage a été déposé dans le labo de minéralogie CheMin, suivi d'une analyse pendant la nuit. Au cours de cette analyse, l’instrument émet un faisceau de rayons X sur l’un des côtés de la cellule d’échantillon mise en vibration, et capture un diagramme de diffraction des rayons X sur un détecteur situé de l’autre côté. Au cours du week-end des 10 et 11 août et après livraison au labo SAM (destiné essentiellement à la recherche et la caractérisation des molécules organiques), l’équipe scientifique a constaté que la coupelle à échantillon utilisée pour le pré-conditionnement ne fermait pas aussi bien que souhaité. Cette étape de pré-conditionnement est nécessaire avant de pouvoir effectuer une analyse "Evolved Gas" (EGA) sur l'échantillon de forage "Glen Etive". Je cite : "En réponse, nous avons choisi de refaire l'activité de préconditionnement SAM en utilisant une autre coupelle, en plus d'exécuter une autre analyse CheMin". Bref, il faut bien comprendre que les manip’s hyper complexes, et nécessairement très précises, programmées depuis la Terre pour utiliser un engin évoluant sur une planète située à 400 millions de km, sont vouées à un contingent inévitable d’aléas. Ceci en dépit de tout ce que la technologie sera toujours capable d’anticiper et d’innover. GIF MASTCAM - 8 AOÛT 2019 (SOL 2490) - PAUL HAMMOND : Test de livraison de matériau sur une trappe d'accès FERMÉE au labo SAM afin d'évaluer la quantité livrée CHEMCAM-RMI - 8 AOÛT 2019 (SOL 2490) : MASTCAM - 8 AOÛT 2019 (SOL 2490) : PANO MASTCAM - 14 mb - 2 AOÛT 2019 (SOL 2484) - PAUL HAMMOND :
  4. 1 point
    5 août 2019 Nouvelles découvertes pour Mars Rover, sept ans après l'atterrissage : Source : https://mars.nasa.gov/news/8498/new-finds-for-mars-rover-seven-years-after-landing/ Ce panorama d'un endroit appelé "Teal Ridge" a été capturé sur Mars par la Mast Camera, ou Mastcam, sur le rover Curiosity le 18 juin 2019, 2440e jour martien, ou sol, de la mission : Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS Original 273 mb > https://mars.nasa.gov/resources/23972/curiosity-surveys-teal-ridge/ Le rover Curiosity a parcouru un long chemin depuis son atterrissage sur Mars, il y a sept ans. Il a parcouru un total de 21 kilomètres et 368 mètres jusqu'à son emplacement actuel. En cours de route, Curiosity a découvert que Mars avait, entre autres, les conditions nécessaires pour soutenir la vie microbienne dans le passé ancien. Et c’est loin d’être terminé, car il vient de forer son 22ème échantillon de la surface martienne. Il lui reste encore quelques années avant que son système nucléaire se dégrade suffisamment pour limiter considérablement ses activités. Une gestion prudente de sa puissance permettra au rover de continuer à étudier la planète rouge. Curiosity est maintenant à mi-chemin dans une région que les scientifiques appellent "l'unité d'argile" située sur le flanc du mont Sharp, à l'intérieur du cratère Gale. Il y a des milliards d'années, il y avait des ruisseaux et des lacs dans le cratère. L'eau a modifié les sédiments déposés dans les lacs, laissant beaucoup de minéraux argileux dans la région. Ce signal d'argile a été détecté pour la première fois depuis l'espace par Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) quelques années avant le lancement de Curiosity. "Cette région est l'une des raisons pour lesquelles nous sommes venus à Gale Crater", a déclaré Kristen Bennett de l'US Geological Survey, l'une des co-responsables de la campagne dans l’unité d’argile de Curiosity. "Nous étudions les images orbitales de cette zone depuis 10 ans et nous sommes enfin en mesure de regarder de près." Le rover Curiosity explore "Teal Ridge" : Le 18 juin 2019, il a saisi ce panorama à 360 degrés : Crédit : NASAJPL-CaltechMSSS Les échantillons de roches que le rover a foré ici ont révélé les plus grandes quantités de minéraux argileux découvertes au cours de la mission. Mais Curiosity a détecté des quantités d'argile aussi élevées dans d'autres parties du mont Sharp, y compris dans des zones où MRO n'avait pas détecté d'argile. Cela a amené les scientifiques à se demander en quoi les résultats obtenus en orbite et en surface étaient différents. L'équipe scientifique réfléchit aux raisons possibles pour lesquelles les minéraux argileux se sont distingués ici par MRO. Le rover a rencontré un "terrain plein de graviers et de galets" lors de son entrée dans la zone, a déclaré l'autre co-responsable de la campagne, Valerie Fox de Caltech. Une idée est que les cailloux sont la clé : bien que les cailloux individuels soient trop petits pour être observés par MRO, ils peuvent apparaître collectivement à l'orbiteur comme un simple signal d'argile dispersé dans la zone. La poussière se dépose également plus facilement sur les rochers plats que sur les cailloux. Cette même poussière peut masquer les signaux vus de l'espace. Comme les caillou x étaient trop petits pour que Curiosity puisse y pénétrer, l'équipe scientifique est à la recherche d'autres indices pour résoudre ce casse-tête. Curiosity a quitté le terrain de galets en juin et a commencé à rencontrer des caractéristiques géologiques plus complexes. Il s'est arrêté pour prendre un panorama à 360 degrés sur un affleurement appelé "Teal Ridge". Plus récemment, il a pris des images détaillées de "Strathdon", un rocher constitué de dizaines de couches de sédiments qui se sont durcies en un tas cassant et ondulé. Contrairement aux couches minces et plates associées aux sédiments lacustres étudiés par Curiosity, les couches ondulées de ces caractéristiques suggèrent un environnement plus dynamique. Le vent, l'eau qui coule ou les deux pourraient avoir façonné cette région. Cette mosaïque d'images montre le rocher appelé "Strathdon", qui est composé de plusieurs couches complexes. Le 9 juillet 2019, 2461ème sol martien, Curiosity a pris ces images à l'aide de sa caméra de mât, ou Mastcam : 22,5 mb Crédit image : NASAJPL-CaltechMSSS. "Teal Ridge" et "Strathdon" représentent toutes deux des changements dans le paysage. "Nous observons une évolution de l'ancien environnement lacustre enregistrée dans ces roches", a déclaré Fox. "Ce n'était pas simplement un lac statique. Cela nous aide à passer d'une vision simpliste de Mars qui passe de l'humidité à la sécheresse. Au lieu d'un processus linéaire, l'histoire de l'eau était plus compliquée." Curiosity découvre une histoire plus riche et plus complexe derrière l’eau sur le mont Sharp - un processus que Fox a comparé à la possibilité de lire les paragraphes d’un livre - un livre dense, avec des pages déchirées, mais une histoire fascinante à reconstituer.
  5. 1 point
    Hier 6 août 2019 (sol 2488) Curiosity a clôturé sa septième année de présence active sur Mars et a donc entamé la huitième, aujourd’hui 7 août. Confirmation du succès du 22ème forage effectué le 4 août 2019 (sol 2486) à "Glen Etive". Noter qu’il a été réalisé sans utiliser la percussion, mais que la profondeur atteinte n’est que de 4 cm, ce qui ne semble pas trop limitant pour la quantité d’échantillon récupérée. En activités préparatoires à la livraison d’échantillon aux labos, le bras robotique sera sollicité pour livrer trois "portions tests" d’échantillons afin de s’assurer que le foret livre des quantités de matériau qui correspondent à la quantité attendue. Dans ce cadre, l'une de ces portions test est livrée au sol, et deux autres sur le capot d'entrée fermé du labo SAM. Il s’agit d’une sorte de "répétition" qui permet aussi de mesurer le degré éventuel de déviation des matériaux causé par le vent au dessus des trappes d’accès des labos, à la hauteur du pont du rover. Les images Mastcam sont utilisées pour documenter toutes ces activités. MASTCAM – 4 AOÛT 2019 (SOL 2486) :
  6. 1 point
    LE 22ème FORAGE SEMBLE RÉUSSI ! GIF NAVCAM - 4 AOÛT 2019 (SOL 2486) - Paul Hammond : HAZCAM AVANT - 4 AOÛT 2019 (SOL 2486) : NAVCAM - 4 AOÛT 2019 (SOL 2486) :
  7. 1 point
    LA CIBLE DE FORAGE du week-end nommée "Glen Etive 1" L'image a été prise (après brossage) le 31 juillet (sol 2482) par la caméra MAHLI à une distance de 35 cm.
  8. 1 point
    Sur l’espace de travail atteint le 30 juillet (sol 2481), la première cible de forage "Glen Etive 1" est confirmée. Forage prévu ce week-end ! POSITION AU 30 JUILLET 2019 (SOL 2481) : Sol 2481 sur les indications de Phil Stooke NAVCAM - 30 JUILLET 2019 (SOL 2481) : L'APXS sur la cible de forage MASTCAM - 30 JUILLET 2019 (SOL 2481) : MAHLI - 1ER AOÛT 2019 (SOL 2483) : Mise à jour du 1er Août 2019 (sol 2483). Je cite Lucy Thompson, géologue planétaire à l'Université du Nouveau-Brunswick - Extrait : "La planification d'aujourd'hui [sol 2483] visait à obtenir plus d'information sur la composition et la texture au sommet de cette petite crête que nous devons tenter de forer pendant la fin de semaine. Cette crête est représentative de l'une des unités cartographiées en orbite avant l'atterrissage, « l’unité contenant de l'argile fracturée ". Nous avons déjà foré deux trous dans l'" unité d'argile lisse " et il sera intéressant de comparer la composition et la minéralogie de ces unités orbitales distinctes entre elles et avec le reste de la "formation Murray". Nous utiliserons ChemCam pour étudier la composition de deux autres points ("Glen Dessary" et "Canisbay") sur le même bloc que nous avons l'intention de forer pour voir si différentes couches ont la même chimie, et nous obtiendrons des images de documentation Mastcam pour ces cibles". FIN DE CITATION Les cartographes géologues ont divisé l’unité d’argile en deux sous-unités : une "unité lisse striée" et une "unité fracturée". Dans l’optique de la recherche de molécules organiques, l’ unité dite "d’argile fracturée" où est actuellement situé Curiosity demeure une hypothèse que seul le forage pourra confirmer, ou non. Carte couleur de la minéralogie pour illustrer mon propos. Les verts sont des phyllosilicates (argiles), le bleu et le magenta des sulfates, le rouge de l’olivine et l’orange des mélanges de sulfates et d’argiles. Le site d'atterrissage est marqué par une croix jaune en haut au centre de cette image. On peut noter l’étroitesse de la bande verte significative de la présence d’argiles (voir échelle au bas à gauche de l’image) : Mise à jour du 2 août 2019 (sol 2384) Je cite Mark Salvatore, géologue planétaire à l'Université du Michigan - Extrait : "Les activités scientifiques d'aujourd'hui ont été planifiées dans l'espoir de forer notre prochaine cible cette fin de semaine. Les scientifiques de l’équipe d’aujourd'hui s'intéressaient surtout à caractériser le grand bloc de substrat rocheux situé devant le rover pour obtenir le plus d'information possible avant de percer la surface et d'exposer l'intérieur de la roche. Hier soir, Curiosity a brossé la poussière de la roche et a effectué des mesures géochimiques avec l'instrument APXS. Pour aujourd'hui, nous avions prévu d'acquérir une image multispectrale de cette surface brossée en plus de deux mesures par spectroscopie de la dégradation induite par laser (LIBS) de la chimie du substratum rocheux pour déterminer s'il existe une variabilité spatiale dans la chimie de cette unité géologique. Les activités d’aujourd’hui nous mettront dans une position idéale pour forer cette unité au cours du week-end, suivies de plusieurs jours supplémentaires pour documenter le nouveau trou de forage et les résidus. Si tout se passe bien, nous devrions recevoir des données géologiques supplémentaires des instruments du rover sur la minéralogie de cette unité la semaine prochaine. Ce sera bien de comparer cet emplacement avec les autres trous de forage acquis depuis les investigations sur la crête de "Vera Rubin"". FIN DE CITATION Les "données géologiques" donc, avec le labo CheMin pour les premières investigations. Ensuite il est permis d’espérer qu’à terme, si le cadre géologique s’avère favorable, ils sollicitent aussi le labo SAM et peut-être ENFIN, pour la première fois, soyons fous , l’expérience de chimie humide à basse température (voir message précédent). PANO NAVCAM - 8,1 mb - 30 JUILLET 2019 (SOL 2481) - Jan van Driel :
  9. 1 point
    Un évènement dans la mise à jour du 29 juillet ! Vivian Sun, géologue planétaire au JPL évoque "une éventuelle expérience de chimie par voie humide du labo SAM" sur le prochain forage !!. Je le cite : "Après une ascension réussie du sommet du "Visionarium", nous recherchons maintenant notre prochain site de forage. Dans notre espace de travail immédiat [atteint le 29 juillet (sol 2480)], aucune exposition au substrat rocheux n'était disponible pour les activités de science de contact. Notre premier sujet à l'ordre du jour consistait donc à identifier une zone de site de forage vers laquelle nous allons nous rendre dans le plan d'aujourd'hui [le 30 juillet (sol 2481)]. Nous avons pris en compte un certain nombre de facteurs pour la sélection de ce site de forage. Nous recherchons un substrat rocheux qui semble «sur place», c'est-à-dire un substrat rocheux qui n'a probablement pas été déplacé depuis sa formation. Bien qu'il puisse y avoir des roches "déplacées" (ou "flottantes") intéressantes, le substrat rocheux en place peut être plus stable pour le forage et son contexte géologique est plus simple à interpréter. Nous donnons également la priorité aux grandes expositions du substratum rocheux, car nous avons besoin de suffisamment de place pour forer, éliminer et analyser l'échantillon. La taille de la dalle de substrat rocheux est encore plus importante que d'habitude à cet endroit, car nous pouvons envisager de forer une deuxième fois et de fournir un échantillon pour une éventuelle expérience de chimie par voie humide SAM. Enfin, nous avons envisagé d’autres contraintes pratiques, telles que la recherche d’une zone qui nous donne une bonne position de stationnement et une surface plane pour le forage. Compte tenu de tous ces facteurs, nous avons identifié plusieurs sites candidats et avons finalement décidé de nous rendre sur une dalle relativement plate visible dans la partie droite de l'image ci-dessous". NAVCAM – 29 JUILLET 2019 (SOL 2480) : Rappel de l’utilité des expériences de "chimie humide" À BASSE TEMPÉRATURE dans le labo SAM : La présence, maintenant bien établie, de sels de perchlorates sur l'ensemble de la surface de Mars constitue un problème majeur pour la détection de molécules organiques sur cette planète. Ce corps chimique est une base (anion de chlore plus oxygène) qu’on peut synthétiser ou qu’on trouve à l’état naturel, et dont la capacité d’oxydoréduction très violente est utilisée sur Terre principalement dans la propulsion (y compris celle des fusées). Leur origine "naturelle" est aujourd’hui bien comprise, par exemple dans le désert d’Atacama, au Chili. Les perchlorates martiens se forment naturellement, comme les perchlorates terrestres, grâce au rayonnement solaire ultraviolet puissant qui atteint la surface et facilite l’oxydation des éléments chlorés contenus dans le sol en l’absence d’eau. L’oxydant doit provenir de l’oxygène de l’atmosphère (sur Mars, quelques molécules d’oxygène libre et l’oxygène des molécules de gaz carbonique qui est abondant, ceci sur des temps géologiques). Chauffés, les perchlorates sont extrêmement corrosifs, et on a pu constater qu’ils ont très probablement corrompu les analyses des Viking et de l’atterrisseur Phoenix en 2008. C’est d’ailleurs Phoenix qui, le premier, a démontré l’existence de cet oxydant. Chauffés à l’intérieur du labo SAM de Curiosity, les perchlorates modifient les structures des composés organiques, de sorte que les identités des matières organiques martiennes dans la roche restent incertaines. Lorsque les premières molécules organiques complexes ont été découvertes en mai 2013 (sol 279) par Curiosity à "Cumberland", l’action de chauffer l’échantillon, et donc les perchlorates, a détruit les molécules organiques originelles en les transformant en chlorohydrocarbones, rendant impossible leur identification. De même, si de nombreuses molécules organiques complexes "pas trop mal préservées" (dixit François Forget) ont été de nouveau détectées, plus formellement, dans un échantillon prélevé en janvier 2015 (sol 882) à 6 centimètres de profondeur (dans une roche cible nommée "Mojave)", leur état de dégradation n’a, semble t-il, pas permis de pousser très loin, en tout cas pas jusqu’à l’analyse chirale. POUR ÉVITER DE DÉGRADER LES MOL֤ÉCULES FRAGILES SENSIBLES À LA CHALEUR ET À L’OXYDATION DES PERCHLORATES IL EXISTE 9 COUPELLES, fermées par un opercule transperçable et remplies de solvants chimiques pour les expériences de "chimie humide" À BASSE TEMPÉRATURE. Ces solvants sont des produits chimiques spéciaux appelés "agents de dérivatisation" conçus à l’origine pour rendre certaines molécules plus faciles à détecter. Pour pouvoir être séparée par chromatographie en phase gazeuse les molécules organiques doivent être volatilisées. La technique la plus simple pour les rendre volatiles est de les chauffer à plus ou moins haute température. Cependant, pour étudier des molécules fragiles, sensibles à la chaleur, il est également possible de passer par la technique de dérivatisation. Celle-ci permet de rendre volatile des molécules organiques en attachant sur ces dernières des fonctions chimiques particulières. Ainsi dérivatisées, les molécules passent facilement à l’état gazeux, ce qui rend alors possible leur analyse. Sachant aussi que la dérivatisation est plus efficace que la chaleur pour l’étude de molécules organiques volumineuses, ou réactives. Petit bémol : Ces 9 coupelles ne sont utilisables qu’une seule fois. Il s’agit donc de les utiliser judicieusement. Il est peut-être permis de s’étonner qu’AUCUNE expérience de ce type n’ait encore été tentée au cours des - bientôt - 7 années de présence dans le cratère Gale !... Désormais, vu les terrains plus jeunes et donc probablement plus acides qui se profilent, on peut craindre qu’il soit un peu tard pour les mettre en œuvre. Le 30 juillet Curiosity s’est donc légèrement déplacé vers un potentiel site de forage, une dalle rocheuse relativement plate. Je cite la mise à jour du 30 juillet de Mariah Baker, géologue planétaire à l'Université Johns Hopkins : "Le rover est actuellement situé dans la partie sud du "Visionarium", où nous allons commencer notre prochaine campagne de forage, et nous ne pouvons pas nous empêcher de contempler le paysage! Perché au sommet d'un petit escarpement, nous avons sans doute l'un des meilleurs fonds que nous ayons jamais eu pendant une campagne de forage. Les superbes vues panoramiques sur le mont Sharp et les terrains environnants (comme ceux de l'image Navcam ci-dessus) pourraient vraiment vous couper le souffle - si le manque d'oxygène ne suffisait pas! Aujourd'hui, il s'agit du forage Sol 1, ce qui signifie que l'équipe s'est concentrée sur la localisation et la priorisation des roches forables dans notre espace de travail. La cible "Glen Etive 1" a été sélectionnée comme option de forage principale. Les mesures ChemCam, MAHLI et APXS sur Glen Etive 1 fourniront des informations sur les propriétés géologiques et chimiques de cette roche avant le début des forages. ChemCam visera également un autre point sur la même couche de roche ("Glen Etive 2") ainsi qu'une cible sur un autre affleurement proche ("Ninian"). Nous avons également inclus diverses observations de Mastcam dans le plan, telles que des images de documentation des trois cibles ChemCam, une image stéréo d'une cible de roche stratifiée appelée "Liddel" et une image plus grande en mosaïque d'une unité de grès distante. Un ensemble de mesures environnementales complétant le plan, comprenant deux activités DAN, la surveillance REMS et des images Navcam pour surveiller les charges de poussière et l'activité de la poussière diable. L’équipe est impatiente et prête à se lancer dans les forages à ce nouvel emplacement, en particulier compte tenu de la toile de fond pittoresque dont nous bénéficions pendant que nous travaillons. Et comme une campagne de forage peut durer plusieurs semaines, nous pouvons continuer à admirer la beauté des paysages vastes et diversifiés du cratère du Gale pendant au moins un peu plus longtemps". HAZCAM AVANT – 30 JUILLET 2019 (SOL 2481) : HAZCAM ARRIÈRE - 30 JUILLET 2019 (SOL 2481) : NAVCAM - 30 JUILLET 2019 (SOL 2481) : Au dessous de la crête, les traces roues des opérations précédentes Zone d'activité du rover PANO NAVCAM - 7,3 mb - 29 JUILLET 2019 (SOL 2480) – Jan van Driel : PANO MASTCAM - 17,8 mb - 29 JUILLET 2019 (SOL 2480) – Robert Charbonneau :